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Économie

Gabon Télécom : Cédric Tchissambou plaide pour une reprise en main nationale de l’opérateur historique

Par Michel Ndong
· mis à jour le 28 octobre à 1h23 · 3 min de lecture

Gabon Télécom : Cédric Tchissambou plaide pour une reprise en main nationale de l’opérateur historique
Cédric Tchissambou, l’ingénieur en Télécom, par ailleurs acteur civique. © D.R.

 

Dans une tribune consacrée à l’avenir de Gabon Télécom, l’ingénieur télécom Cédric Tchissambou remet en question les résultats de la privatisation de l’opérateur historique. Au nom de la souveraineté numérique et du développement national, il appelle les pouvoirs publics à engager une réflexion importante sur la gouvernance du secteur des télécommunications.

Cédric Tchissambou, l’ingénieur en Télécom, par ailleurs acteur civique. © D.R.

 

La question de la souveraineté numérique s’invite de nouveau dans le débat public gabonais. Dans une tribune intitulée «Gabon Télécom : l’heure de corriger une erreur stratégique», l’ingénieur télécom et acteur civique Cédric Tchissambou estime qu’il est temps de réévaluer le modèle de gouvernance de l’opérateur historique, dont la privatisation n’aurait pas permis d’atteindre pleinement les objectifs annoncés.

Selon lui, la cession de Gabon Télécom au secteur privé devait favoriser la modernisation des infrastructures, attirer les investissements étrangers et améliorer la qualité des services. Mais plusieurs années après cette opération, il considère que les résultats obtenus méritent une analyse critique au regard des nouveaux défis liés à la transformation numérique.

Pour l’ingénieur, les télécommunications constituent un secteur stratégique qui ne peut être réduit à une simple logique commerciale. Elles sont, souligne-t-il, au cœur du développement économique, de la sécurité nationale et de la compétitivité du pays. Dans cette perspective, il estime que le contrôle d’infrastructures aussi sensibles par des intérêts étrangers limite la capacité du Gabon à définir librement ses priorités en matière d’investissements, de déploiement des réseaux et de politique tarifaire.

Cédric Tchissambou pointe également les insuffisances observées dans certaines régions du pays. Malgré les avancées enregistrées dans les grands centres urbains, plusieurs zones rurales continuent de faire face à un accès limité à des services de télécommunications performants. Une situation qui, selon lui, contribue à creuser davantage la fracture numérique. «L’accès aux télécommunications devrait être considéré comme un service fondamental accessible à tous les citoyens», soutient-il.

Les bénéfices économiques de la privatisation n’ont pas été captés par l’économie nationale

L’auteur de la tribune estime par ailleurs que les bénéfices économiques de la privatisation n’ont pas été pleinement captés par l’économie nationale. Il considère que les profits générés par l’entreprise profitent en partie à des structures extérieures, réduisant ainsi les retombées potentielles en matière de création d’emplois, de transfert de compétences et de développement d’un écosystème numérique local.

Sans appeler à un retour complet de l’État dans la gestion de l’entreprise, il défend plusieurs scénarios permettant de renforcer la maîtrise nationale du secteur. Parmi les options avancées figurent une nationalisation partielle, un rachat progressif des parts détenues par les investisseurs étrangers ou encore un modèle hybride associant l’État, des investisseurs nationaux et des partenaires stratégiques.

Dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de consolider la souveraineté économique du pays, Cédric Tchissambou estime que l’avenir de Gabon Télécom doit être traité comme une priorité stratégique. Il plaide pour une gouvernance transparente, des investissements massifs dans les infrastructures numériques et une politique ambitieuse d’inclusion numérique. Pour lui, le débat dépasse le cadre de l’opérateur historique et renvoie à une question fondamentale : celle du contrôle des secteurs par la nation. «La véritable interrogation est de savoir à qui doivent profiter les infrastructures stratégiques du pays : aux intérêts extérieurs ou, en priorité, au peuple gabonais», conclut-il.

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