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Sport

Can 2017, la fatale d’Ali 16

Par La Rédaction
· 4 min de lecture

Fan résolue de football, Ika Rosira, la muse pamphlétaire de Gabonreview, n’en peste pas moins sur l’attribution au Gabon de l’organisation, en 2017, de la Coupe d’Afrique des nations.

© D.R.

 

Je suis de cette génération de Gabonaises qui aiment le foot à cause de leurs pères, de leurs frères, qui sont capables de regarder un match du début jusqu’à la fin en incluant les prolongations et les tirs au but, sans éprouver une once de lassitude, une once de fatigue, sans une seconde de sommeil, les yeux bien braqués sur l’écran, le cœur battant, la rage de vaincre, la peur d’encaisser. Je suis de cette génération de gabonaises qui crient, qui aiment, qui bavent devant les joueurs de foot et qui jouent même au ballon, de ces femmes qui ont autant le cœur au foot que les hommes.

Oui on aime la Coupe du monde, on aime la CAN, on aime la Champions League, on apprécie les rencontres amicales, on cherche même les liens en ligne pour suivre le foot, on suit même des matchs commentés en espagnol et en allemand, faute de commentaires en français, tout ça pour dire que nous, les Gabonais, hommes comme femmes, que ce soit à la télé, à la radio ou sur le net, on est football.

L’idée de consacrer 400 ou 500 milliards à l’organisation de la CAN au Gabon, n’est pas juste une lubie, ce n’est pas juste le caprice d’un Roi qui se sent capable de rivaliser avec son voisin en termes d’organisation. Ce n’est pas juste une histoire de prestige, d’orgueil mal placé ou de pure folie.

Ali Bongo Ondimba aime le foot, c’est indéniable. C’est le seul président africain qui a fait le déplacement du Brésil pour la coupe du Monde, tandis que son cher peuple souffre et agonise même. Monsieur Beau-Discours-Bien-Soignés-Pour-Vous-Faire-Gober-Tout-Et-N’importe-Quoi vous fera croire que l’organisation de la CAN constitue une manne financière pour les entreprises locales, des contrats juteux, une source de développement touristique, mais c’est un ramassis de mensonges éhontés. Le budget de la CAN, à lui seul, pourrait permettre au million d’habitant et quelques qu’on a au Gabon de vivre sans délestage, d’arrêter de puiser de l’Eau dans les pompes publiques, d’avoir accès à l’eau potable. Son budget pourrait faire pousser des logements sociaux en poutoulou dans la capitale et dans les environs. Son budget pourrait même construire un pont entre Libreville et Port-Gentil.

On n’a pas besoin de sortir de Harvard pour comprendre qu’avec les 3000 milliards et quelques que Ali Baba et les siens consacrent chaque année, depuis son ascension au trône (oups sa confiscation du trône), on aurait des universités, des écoles, des lycées et des collèges adéquats. On aurait des salles de spectacle, des centres culturels dans toutes les provinces, des bibliothèques, des parcs d’amusement, des cabanes dans les arbres, des circuits touristiques en forêts. On aurait tout et n’importe quoi, mais on a que des impayés, des entrepreneurs mécontents, une ville de plus en plus sale, des gens qui ont faim et que la faim pousse à la prostitution autant intellectuelle, physique que sexuelle.

On nous impose la CAN 2017. On nous met sur le fait accompli. On nous explique qu’en fait malgré le fait qu’Ali Bongo soit un président illégal, il aura encore le droit de se présenter en 2016 !!! Les Gabonais supportent le fait de dormir dans la chaleur avec les moustiques, le fait de ne pas garantir qu’ils auront de l’eau potable dans leurs robinets tous les jours. Ils supportent le fait d’avoir des salaires de misères, de bosser comme des forcenés et de regarder cette poignée de monstres déguisés en humains se pavaner avec l’argent du peuple. Les Gabonais supportent même que leurs gosses se fassent agresser. Ils supportent que leurs gosses soient privés d’éducation. Ils supportent que leurs biens leurs soient arrachés par les gens d’en-haut. Ils supportent qu’on les jettent dans la rue et qu’on s’approprie les terrains qu’ils occupent pour des raisons fallacieuses. Le Gabon ne leur appartient pas. Le Gabon n’appartient pas à la famille Bongo Ondimba et ses affidés. Le Gabon n’est pas l’héritage que Bongo-père a laissé à ses enfants. Le Gabon doit cesser d’être Bongoland ! On (Gabonais du bled ou de la diaspora, Gabonais illettré ou cultivé, Gabonais animé d’un esprit patriotique), on doit cesser de les laisser croire qu’ils sont tout puissants.

Récupérons notre Mère, ils la violent en maudit et à chaque fois qu’elle enfante, ils jettent chacun de ses enfants en pâture aux lions pour qu’ils se fassent dévorer par la vie, ces lions dévorent leurs rêves, ces lions dévorent leurs avenirs, ces lions dévorent leurs espoirs, avant de les engloutir. Il faut que cette Mafia cesse, il faut que ça cesse, engongole, kokolo, pardon, pitié, réveillez-vous !

‪#‎BringBackOurCountry

‪#‎RécupéronsNotrePays

 

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