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Sport

Séraphin Moundounga et l’urgence d’un football professionnel au Gabon

Par Gérald Mounomby
· 3 min de lecture

Bill Tchato, Willy Aubameyang et Daniel Cousin sont payés en centaines de millions de francs CFA par an, au Gabon, par l’équipe de football FC Sapins. Un embryon de football professionnel dans le pays. Mais le ministre des Sports, Séraphin Moundounga, voudrait accélérer cette gestation pour amener le ballon rond gabonais à l’accouchement du professionnalisme dès l’année prochaine. 

Foot pro au Gabon

Séraphin Moundounga, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement Supérieur et Technique et de la Formation Professionnelle, Chargé de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, a demandé un budget de 12 milliards de francs CFA pour le lancement d’un championnat national de football professionnel dès la prochaine saison, indique l’hebdomadaire gabonais Le Temps dans sa livraison du 16 mai dernier.

Le journal indique que le ministre des Sports a fait venir des Espagnols au Gabon en vue de peaufiner les modalités de la mise en œuvre de cette professionnalisation du football gabonais. Or, poursuit Le Temps, «aux dires des techniciens du ministère, on ne peut pas passer au professionnalisme sans une période de transition. Car, les équipes devraient d’abord s’imprégner de cette nouvelle donne qui impose un certain nombre d’exigences liées, entre autres, aux infrastructures des équipes engagées en D1. Car, les équipes devraient passer du statut d’association, comme c’est actuellement le cas, au statut d’entreprise. Un processus qui demande des études sérieuses et du temps.»

L’hebdomadaire pense que Séraphin Moundounga doit avoir une autre idée derrière la tête et qu’il est obnubilé par l’inscription de son nom dans l’histoire du football gabonais, s’il réussi à y introduire le professionnalisme. C’est sans doute pourquoi «M. Moundounga n’écoute personne», conclu Le Temps. Peut-être Séraphin Moundounga veut-il introduire au Gabon un professionnalisme à l’image de celui des Émirats arabes : un football de prestige dont les résultats ne sont nullement retentissants. La Etisalat Pro League (Ligue 1 des Émirats arabes unis) attire de bons footballeurs, du fait de l’argent mis en jeu, mais ne parvient pas à des résultats internationaux remarquables. Malgré tout l’argent du monde, la seule phase finale de coupe du monde à laquelle les Émirats arabes unis ont participé fut celle de 1990 en Italie.

Ce type de football professionnel a d’ailleurs déjà dépassé le stade embryonnaire au Gabon et on en voit les résultats. 7e au classement national, FC Sapins est le club de foot qui paye le mieux au Gabon également l’équipe la plus riche du pays. En septembre dernier, Gernot Rohr avait indiqué que Catalina Aubameyang avait signé pour cette formation qui a acquis, lors du dernier Mercato, l’international Bill Tchato (58 sélections avec les Lions Indomptables). Le club compte également Willy Aubameyang et Daniel Cousin. Ce dernier y touche 498 000 euros (323,7 millions de francs CFA) par an, soit 26,9 millions de francs CFA/mois. FC Sapins a récemment fait passer la prime des joueurs de 70 000 francs CFA à 140 000 francs CFA. Ce que ne peuvent se permettre la plupart des autres équipes de l’échiquier footballistique gabonais.

Toutes choses qui font jaser le microcosme du football local qui se demande où ce club trouve tout cet argent ? On conclut alors que FC Sapins est le club de football de la présidence de la République. L’équipe a été fondée et est présidée par Frédéric Gassita, également joueur. Celui-ci est un proche du président Ali Bongo dont il est par ailleurs conseiller.

Est-ce donc pour amener toutes les autres équipes à se mettre aux normes de FC Sapins que Séraphin Moundounga est-il si pressé ? Cela mettra certainement tous les clubs sur le même palier d’égalité, cela attirera également vers le Gabon de nombreux talents, mais cela amenuisera assurément le nombre de clubs de football du pays et donc la qualité de son football. Les débats sont ouverts.

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