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Économie

Redevance sur les données personnelles : l’AGUB réclame l’annulation

Par Loic Ntoutoume
· mis à jour le 28 octobre à 2h14 · 2 min de lecture

Redevance sur les données personnelles : l’AGUB réclame l’annulation
L’Association gabonaise des usagers des banques (AGUB) a saisi l’Assemblée nationale pour exiger la suppression de la redevance pour la protection des données à caractère personnel et de la vie privée (RPPVP). © GabonReview / Dall-E (IA)

 

Face à la multiplication des ponctions sur les comptes bancaires, l’Association gabonaise des usagers des banques (AGUB) a saisi l’Assemblée nationale pour exiger la suppression de la redevance pour la protection des données à caractère personnel et de la vie privée (RPPVP) de 1 000 FCFA par an et par personne. Une démarche qui invoque le droit communautaire et vise à protéger les petits épargnants, alors que le pouvoir d’achat reste sous pression.

L’Association gabonaise des usagers des banques (AGUB) a saisi l’Assemblée nationale pour exiger la suppression de la redevance pour la protection des données à caractère personnel et de la vie privée (RPPVP). © GabonReview / Dall-E (IA)

 

L’offensive est lancée. Dans une correspondance adressée le 18 février 2026 au président de l’Assemblée nationale, Régis Onanga Ndiaye, l’AGUB réclame l’annulation pure et simple de la redevance de 1 000 FCFA /an prélevée sur les comptes bancaires et de microfinance. Pour l’organisation de défense des usagers, ce prélèvement automatique constitue une ponction injustifiée, contraire aux textes de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) et préjudiciable aux populations les plus modestes.

L’argumentaire juridique de l’AGUB s’appuie sur le règlement R-2020/04 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), relatif au service bancaire minimum garanti. Ce texte impose aux établissements financiers de la zone Cemac la gratuité de certaines opérations essentielles, notamment l’ouverture et la tenue de compte. Or, selon l’association, la redevance actuelle contourne cette disposition en prélevant une somme forfaitaire indépendamment de tout service rendu ou opération effectuée. Une forme déguisée de frais de tenue de compte, estime l’AGUB, qui pèse sur l’ensemble des titulaires, y compris ceux dont les soldes sont déjà faibles.

Au-delà de la conformité juridique, c’est l’impact social de la mesure qui inquiète. L’association souligne que ce prélèvement automatique fragilise les petits épargnants et décourage les populations vulnérables d’accéder au système bancaire formel. Un paradoxe alors que le gouvernement gabonais affiche, dans sa stratégie nationale d’inclusion financière 2026-2029, l’ambition d’élargir la bancarisation. Comment concilier cet objectif avec des charges récurrentes qui érodent la confiance et réduisent l’attractivité des comptes ?

L’association appelle donc le Parlement à agir en urgence : soit supprimer la redevance, soit la réformer pour la mettre en conformité avec les règles communautaires. Une requête qui relance le débat sur la transparence des frais bancaires et l’équité fiscale dans un contexte où chaque prélèvement compte. Reste à savoir si les députés entendront cet appel, ou si les usagers devront continuer à subir en silence cette ponction mensuelle, dans l’indifférence des institutions.

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