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Économie

Redevance aéroportuaire R4 : l’IATA hausse le ton face au Gabon

Par Gérald Mounomby
· mis à jour le 28 octobre à 2h08 · 2 min de lecture

Redevance aéroportuaire R4 : l’IATA hausse le ton face au Gabon
La redevance R4 frappe, les avions se vident, l’IATA craint un effondrement du trafic aérien et du tourisme au Gabon. © GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle)

 

Dans une lettre ayant fuité adressée mi-mars 2026 au Directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), l’Association internationale du transport aérien (IATA) conteste vivement la révision de la redevance aéroportuaire passagers, dite R4, entrée en vigueur le 26 février 2026. L’organisation internationale exige transparence, consultation et suspension immédiate de la taxe.

La redevance R4 frappe, les avions se vident, l’IATA craint un effondrement du trafic aérien et du tourisme au Gabon. © GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle)

 

Rarement une institution internationale du transport aérien n’aura pris position avec autant de fermeté vis-à-vis des autorités gabonaises. Signée par Kamil Alawadhi, vice-président régional Afrique et Moyen-Orient de l’IATA, la lettre datée du 12 mars 2026 est un réquisitoire méthodique contre les conditions dans lesquelles la révision de la redevance R4 a été conduite et imposée.

Une procédure bafouée, une taxe mal appliquée

Le premier grief est d’ordre procédural. L’IATA rappelle que les normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) imposent, avant toute révision tarifaire, une consultation préalable des compagnies aériennes et un préavis d’au moins quatre mois. Or, ni l’un ni l’autre n’ont été respectés. Plus grave encore : aucune justification du lien entre le montant réclamé et les coûts réels n’a été communiquée aux opérateurs.

L’organisation soulève également un problème concret et immédiat : la taxe s’applique à la date du voyage, et non à celle de l’émission du billet. Des passagers ayant acheté leurs billets avant le 26 février se voient ainsi facturer rétroactivement une redevance qu’ils n’avaient pas anticipée, une pratique jugée «irréaliste et contraire aux procédures», pour laquelle l’IATA refuse que les compagnies aériennes soient tenues responsables des montants non perçus antérieurement.

Des conséquences économiques en chaîne, et cinq recommandations sans appel

Au-delà des questions de forme, l’IATA alerte sur le fond : toute augmentation des charges aéroportuaires se traduit mécaniquement par une hausse du prix des billets et une baisse du trafic, «au détriment du secteur du transport aérien et, par conséquent, du tourisme», avec, en bout de chaîne, un impact négatif sur le PIB du Gabon.

L’organisation conclut par cinq recommandations fermes : lancer une consultation transparente conforme aux standards de l’OACI, justifier l’utilisation de la redevance depuis sa création en 2021, clarifier son application dans l’ensemble des aéroports du pays, respecter le préavis réglementaire de quatre mois, et surtout, suspendre la R4 jusqu’à ce que toutes les préoccupations soulevées soient résolues.

Une injonction qui place désormais les autorités gabonaises de l’aviation civile face à leurs responsabilités.

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