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Sport

Presse sportive : la LINAFP appelle à sortir de la logique des «camps»

Par La Rédaction
· mis à jour le 28 octobre à 0h17 · 3 min de lecture

Presse sportive : la LINAFP appelle à sortir de la logique des «camps»
La Ligue nationale de football professionnel (LINAFP) interpelle la presse sportive gabonaise (image d’illustration IA). GabonReview

 

Dans une tribune publiée le 1er août 2026, le Département Communication de la Ligue nationale de football professionnel (LINAFP) a interpellé la presse sportive gabonaise sur son rôle dans le traitement de l’actualité. Entre soutien aux dirigeants et opposition systématique, l’instance appelle les professionnels des médias à privilégier les faits, l’indépendance et la recherche de vérité.

La Ligue nationale de football professionnel (LINAFP) interpelle la presse sportive gabonaise et regrette que, trop souvent, «l’opinion précède les faits» (image d’illustration IA). GabonReview

 

La presse sportive gabonaise doit-elle choisir son camp ? C’est la question soulevée par le Département Communication de la LINAFP dans une tribune publiée le 1er août 2026. L’instance s’inquiète d’une polarisation croissante du traitement de l’actualité sportive, avec, d’un côté, des médias perçus comme proches des dirigeants en place et, de l’autre, ceux qui semblent avoir fait de la contestation leur principale ligne éditoriale.

Tout en reconnaissant l’existence de journalistes et de médias qui continuent de travailler dans une logique professionnelle, en vérifiant les informations, en recoupant les sources et en donnant la parole aux différentes parties, elle estime que cette pratique serait devenue minoritaire.

Dans sa tribune, la ligue déplore notamment une tendance à interpréter les décisions des dirigeants sportifs en fonction des affinités ou des positions éditoriales des médias. «Le véritable problème n’est pas que les journalistes sportifs au Gabon aient des opinions», souligne-t-elle, estimant que la difficulté apparaît lorsque «l’opinion précède les faits» et que les informations sont ensuite sélectionnées pour conforter cette opinion.

Pour l’instance, cette logique contribue à créer «deux vérités» dans le football. Les discussions ne portent plus nécessairement sur les faits, mais sur l’identité ou les supposées appartenances de celui qui les rapporte.

Le risque d’un journalisme militant

La tribune met également en garde contre la transformation du journaliste sportif en défenseur d’un camp. Selon la LINAFP, lorsque le professionnel des médias adopte cette posture, il risque de ne plus chercher à comprendre ce qui s’est réellement passé, mais plutôt à démontrer que son camp avait raison.

L’information pourrait alors devenir un instrument dans une bataille de récits, où les articles répondent aux articles, les conférences de presse prennent des allures de procès et les commentaires sportifs se transforment en réquisitoires. «Lorsque le public finit par dire : “Je sais déjà ce que ce journaliste va écrire avant même de lire son article”, c’est que quelque chose ne fonctionne plus», relève la tribune.

Retrouver le rôle de contre-pouvoir

Face à cette polarisation, la LINAFP plaide pour une presse sportive davantage attachée aux fondamentaux du métier : enquête, vérification, confrontation des versions et pluralité des points de vue.

L’instance estime notamment qu’un journaliste doit pouvoir reconnaître une bonne décision prise par un dirigeant qu’il critique habituellement, tout comme il doit pouvoir dénoncer une mauvaise décision prise par un responsable qu’il apprécie. «L’indépendance, ce n’est pas être contre tout le monde. C’est de ne devoir sa position à personne», peut-on lire.

La LINAFP considère ainsi que la presse sportive doit continuer à jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir, sans devenir «un quatrième camp». 

«La vérité ne porte pas de maillot»

Au-delà du débat sur les relations entre médias et dirigeants sportifs, la tribune appelle à replacer la recherche de vérité au centre du journalisme sportif.

D’après le texte,  la vérité ne doit appartenir ni à un club, ni à un dirigeant, ni à une ligue ou une fédération. Elle ne doit pas davantage dépendre des alliances ou des antagonismes qui traversent le mouvement sportif.

L’instance conclut ainsi sur une image forte : celle d’une presse appelée à devenir le «miroir du football». Un miroir capable de montrer aussi bien les qualités que les insuffisances du mouvement sportif, sans modifier son reflet en fonction de celui qui le regarde.

Sortir de la logique des camps apparaît donc comme une nécessité pour restaurer la confiance du public et permettre à la presse sportive gabonaise de retrouver pleinement sa fonction d’information.

Thécia Nyomba 

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