Édition du soir · mercredi 28 octobre

Samedi 7 novembre 2026 · Libreville

Le fil

  1. Valorisation de l’iboga : le plaidoyer de Mapangou trouve un écho auprès d’Ambio Life Science
  2. Potasse de Banio : Millennial vise désormais jusqu’à 1,2 million de tonnes par an dès le démarrage
  3. Naufrage du Prospector 5 : l’ONEP réclame un renforcement des mesures de sécurité
  4. Gabon : 30,5 % de chômage chez les jeunes, la Banque mondiale appelle à investir dans les compétences
  5. JOJ Dakar 2026 : la France et le Gabon mobilisés derrière sept jeunes athlètes gabonais
  6. Diplomatie : Oligui Nguema reçoit les lettres de créance de six ambassadeurs
  7. APJ Gabon : les journalistes judiciaires s’organisent pour gagner en rigueur
  8. Autisme : le Gabon défend l’inclusion scolaire à Cotonou
  9. Entrepreneuriat : l’ANPI-Gabon, facilitateur ou frein à la création d’entreprises ?
  10. Digitalisation : le Gabon lance sa première semaine du numérique 
  11. Gabon : un fichier unique pour mieux suivre les participations de l’État
  12. Collectivités locales : les maires portent leurs doléances au Sénat

Société

Près d’un Gabonais sur deux a déjà envisagé de quitter le pays

Par Gérald Mounomby
· mis à jour le 28 octobre à 0h26 · 3 min de lecture

Près d’un Gabonais sur deux a déjà envisagé de quitter le pays
L’ailleurs comme horizon : en 2024, près d’un Gabonais sur deux interrogé par Afrobarometer avait déjà pensé à quitter le pays. © GabonReview

 

Partir n’était pas une idée marginale. En avril-mai 2024, 46 % des adultes gabonais interrogés par Afrobarometer déclaraient avoir déjà pensé à émigrer : 20 % «beaucoup», 13 % «quelque peu» et 13 % «un peu». Et lorsqu’ils regardaient ailleurs, l’Europe arrivait en tête, talonnée par l’Amérique du Nord et l’Afrique. Publiée en 2026, cette photographie vieille de deux ans ne permet pas de mesurer l’état actuel des envies de départ. Elle révèle néanmoins qu’au moment de l’enquête, presque un Gabonais sur deux avait déjà imaginé son avenir hors des frontières nationales.

L’ailleurs comme horizon : en 2024, près d’un Gabonais sur deux interrogé par Afrobarometer avait déjà pensé à quitter le pays. © GabonReview

 

Le chiffre mérite que l’on s’y arrête : 46 %. Pas 46 % de candidats déclarés au départ, encore moins 46 % de futurs émigrés, mais presque la moitié des personnes interrogées ayant, à des degrés divers, déjà envisagé de quitter le Gabon.

Dans le détail, 20 % disent y avoir «beaucoup» pensé, 13 % «quelque peu» et autant «un peu». À l’inverse, 54 % répondent «pas du tout». La frontière entre ceux qui ont un jour regardé vers l’ailleurs et ceux qui n’y ont jamais songé traverse donc presque exactement l’échantillon en deux.

L’enquête, réalisée auprès de 1 200 adultes gabonais en avril et mai 2024 par le CERGEP, partenaire national d’Afrobarometer, revendique une marge d’erreur de ±3 points de pourcentage, avec un niveau de confiance de 95 %.

L’Europe, mais de justesse

Lorsqu’Afrobarometer demande à ceux qui ont pensé à émigrer où ils préféreraient aller, aucune destination n’écrase véritablement les autres.

L’Europe arrive en tête avec 31 %, mais l’Amérique du Nord suit presque au même niveau, à 29 %. Surtout, 27 % privilégieraient une destination africaine. Les autres régions hors d’Afrique recueillent 12 %.

Le résultat est intéressant par son équilibre. L’horizon migratoire des Gabonais interrogés ne se résumait donc pas à un tête-à-tête avec l’Europe. Amérique du Nord, Europe et Afrique formaient trois pôles d’attraction relativement proches.

Cette répartition interdit également une lecture trop rapide : penser à partir ne signifiait pas nécessairement vouloir quitter le continent. Plus d’un quart de ceux qui avaient envisagé l’émigration se voyaient ailleurs en Afrique.

Partir, mais pourquoi ?

C’est la grande question à laquelle cette carte-pays d’Afrobarometer ne répond pas.

Emploi, niveau de vie, études, carrière professionnelle, regroupement familial, désir d’aventure ou simple curiosité pour une expérience à l’étranger ? L’infographie ne donne aucune ventilation des motivations du départ. Elle ne permet donc pas d’affirmer que ces 46 % traduisaient un rejet du Gabon, une défiance envers son avenir ou, à l’inverse, une simple aspiration à la mobilité internationale.

La distinction est essentielle. Avoir pensé à émigrer n’équivaut pas à préparer son départ. Entre l’idée, l’intention ferme et le passage à l’acte existent des écarts considérables que les données présentées ici ne permettent pas de mesurer.

Reste néanmoins ce presque un sur deux. Dans un pays qui ambitionne de retenir ses compétences, de former sa jeunesse et de construire son développement autour de son capital humain, le chiffre mérite davantage qu’une lecture anecdotique.

Avec une réserve temporelle importante : ces réponses ont été recueillies avant l’élection présidentielle de 2025 et les évolutions intervenues depuis. Elles ne disent donc pas ce que pensent les Gabonais en 2026. Elles disent quelque chose de suffisamment fort sur ceux de 2024 : pour près de la moitié d’entre eux, à un moment ou à un autre, l’avenir avait aussi été imaginé ailleurs.

 

 

La lettre de Gabon Review

L'édition du soir, chaque jour à 19 h, dans votre boîte

Les sept articles qui comptent, choisis par la rédaction, avec le chiffre du jour et les derniers appels d'offres.