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Politique

Pas d’argent, pas de vote pour le Gabon à l’ONU !

Par Loic Ntoutoume
· 3 min de lecture

Le Gabon qui siégeait au Conseil de sécurité jusqu’au 31 décembre dernier, s’est vu refuser le droit de vote sur la Syrie le 16 février dernier, lors de l’Assemblée générale des Nations pour la résolution “cesser des violences contre la population et autorisation des secours humanitaires ». Une situation consécutive aux arriérés de paiement envers l’institution.

L’Assemblée Générale des Nations Unie jeudi 16 février 2012, lors de l’adoption de la résolution contre la Syrie.

 
Pour n’avoir pas pu honorer ses engagements financiers à hauteur de $169.114, au près des Nations-Unies, le Gabon, pays du manganèse, du pétrole, et du bois de la sous région d’Afrique centrale, n’a pu participer au vote pour l’adoption de la résolution sur la Syrie le 16 février 2012.
Au cours de la séance de vote, le tableau de vote électronique du Gabon ainsi que ceux de 11 autres pays (le Cap-Vert, Dominique, République Dominicaine, la Gambie, le Kirghizistan, Palau, le Soudan, la Swaziland, Tonga, Vanuatu, Yémen), ont été bloqués. L’incident a indisposé les sponsors de cette résolution car selon les sources concordantes «la plupart des mauvais payeurs se rangeaient dans le camp du « oui » ». La résolution adoptée par 137 voix contre 12 et 17 abstentions aurait donc pu bénéficier d’une majorité encore plus écrasante.
«C’est très inhabituel pour le secrétariat de priver autant d’États membres de leur droit de vote d’un seul coup, même s’ils sont en retard de paiement», observe un diplomate occidental qui explique cette sévérité soudaine par des pressions de la Russie et de la Chine pour faire appliquer le règlement à la lettre et minimiser ainsi la majorité condamnant la Syrie.
À l’heure actuelle, 21 États Membres sont en retard selon les termes de l’article 19 de la Charte des Nations Unies, qui stipule : «Un membre de l’Organisation des Nations Unies qui est en retard dans le paiement de sa contributions financières à l’Organisation ne peut participer aux votes de la Assemblée si le montant de ses arriérés est égal ou supérieur au montant de la contribution due par lui pour les deux années complètes écoulées. L’Assemblée général peut néanmoins autoriser ce Membre à voter si elle est convaincue que le défaut de paiement est dû à des circonstances indépendantes de la volonté du membre».
«Dans sa résolution 66/4 du 11 Octobre 2011, l’Assemblée générale a décidé que la République centrafricaine, les Comores, la Guinée-Bissau, le Libéria, Sao Tomé et Principe et la Somalie devraient être autorisés à voter à l’Assemblée jusqu’à la fin de sa soixante-sixième session».
Dans cette résolution adoptée par 137 votes en faveur, 12 votes contre et 17 abstentions, les Etats membres condamnent fermement «la poursuite des violations généralisées et systématiques des droits de l’homme et des libertés fondamentales par les autorités syriennes».
Le texte «exhorte le gouvernement syrien à mettre immédiatement fin à toutes les violations des droits de l’homme et aux attaques contre des civils, à protéger sa population, à respecter pleinement les obligations que lui impose le droit international.» Il condamne «toutes les violences, d’où qu’elles viennent».

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