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Politique

«Oui aux routes, non à l’injustice» : l’appel du député Ntoutoume Ayi face aux expropriations de Libreville

Par Déogracias Arambo
· mis à jour le 28 octobre à 0h15 · 3 min de lecture

«Oui aux routes, non à l’injustice» : l’appel du député Ntoutoume Ayi face aux expropriations de Libreville
Jean Gaspard Ntoutoume Ayi s’exprimant sur Gabonactu.© GabonReview/Capture d’écran

 

«Ce n’est pas un cadeau qu’on lui fait» : la formule claque, et elle résume tout le débat. Sur Gabonactu, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, vice-président de l’Union nationale et député d’Akanda, a tranché : oui aux grands travaux routiers qui transforment Libreville, mais non aux expropriations injustes qui laissent les propriétaires sans indemnisation ni solution de relogement.

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi s’exprimant sur Gabonactu.© GabonReview/Capture d’écran

 

« Oui aux routes, non à l’injustice ». C’est en substance le message porté par Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, vice-président de l’Union nationale et député d’Akanda, alors que s’accélèrent, dans le Grand Libreville, les travaux d’élargissement et de création de voies qui entraînent démolitions et expropriations. Soutien affiché à l’intérêt général et exigence que les citoyens ne paient pas seuls le prix du développement. Dans plusieurs quartiers du Grand Libreville en effet, les engins de chantier sont à l’œuvre pour élargir des axes et ouvrir des voies de contournement, dans le cadre d’un vaste programme d’aménagement routier.

« Protéger le patrimoine de chaque Gabonais »

« Le gouvernement a raison, il entend faire de grands aménagements routiers qui vont concerner la commune », reconnaît Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, qui admet que ces projets nécessitent, sur certains tronçons, la démolition de maisons et d’investissements privés. Si pour le député, la priorité donnée à l’intérêt général n’est pas discutable, elle ne doit pas se traduire par un sentiment d’arbitraire chez les riverains, dont certaines habitations sont partiellement ou totalement détruites, parfois sans indemnisation. La tension politique est là : moderniser le pays sans donner l’impression que les habitants sont sacrifiés sur l’autel des grands travaux.

« L’État doit, par contre, lui, protéger chaque Gabonais, protéger le patrimoine de chaque Gabonais, protéger le bien de chaque Gabonais », insiste Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. Selon lui, la règle doit être simple : « Pour casser la maison de quelqu’un, il doit être dédommagé au minimum à hauteur de la valeur de sa maison ». « Ce n’est pas un cadeau qu’on lui fait », souligne-t-il. Le principe est celui d’une indemnisation juste et préalable. Au-delà du principe, le député d’Akanda détaille ce qui devrait constituer un cahier des charges minimal pour toute opération de déguerpissement liée aux travaux routiers. D’abord, une indemnité permettant réellement de reconstruire. « Il a construit une maison, on doit lui donner de l’argent pour en construire une autre », dit-il. Ensuite, une solution foncière ou de relogement. Enfin, et ce n’est pas le moindre des enjeux, la question du temps. « Et surtout, par-dessus tout, on doit donner un délai raisonnable pour lui permettre de déménager en toute dignité », estime-t-il.

Un point crucial dans un contexte où les opérations de libération d’emprises se multiplient et où se pose la question du logement des familles déplacées, dans un marché immobilier déjà sous tension.

Une alerte politique dans un contexte de chantiers massifs

Cette prise de position intervient alors que le gouvernement annonce plus de 1 800 km de routes en aménagement à travers le pays et que le Grand Libreville voit se multiplier les démolitions liées aux élargissements de voies.

Si l’État affirme vouloir encadrer ces opérations par des procédures de recensement, d’évaluation et de plans de réinstallation, des voix comme celle de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi rappellent que la légitimité des grands travaux dépend aussi de la manière dont ils sont vécus par les populations. « Oui aux routes », donc, mais à condition que le développement ne se fasse pas au détriment de la justice sociale et du respect des droits des propriétaires.

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