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Faits divers

Okondja : pour échapper à son contrôle, elle verse du camphre dans le verre de jus de sa mère qui en meurt

Par Tokyo Yabangoye
· mis à jour le 28 octobre à 0h20 · 3 min de lecture

Okondja : pour échapper à son contrôle, elle verse du camphre dans le verre de jus de sa mère qui en meurt
© GabonReview

 

Une adolescente de 13 ans au moment des faits a été condamnée, le 19 août dernier à Franceville, à 12 mois de prison dont 7 avec sursis et à 3 millions de francs CFA d’amende pour l’homicide involontaire de sa mère. Le 13 juin 2024 à Okondja (Haut-Ogooué), elle avait introduit du camphre dans le verre de jus de sa génitrice pour, selon ses déclarations, l’endormir et pouvoir sortir librement durant la nuit. Un stratagème destiné à contourner l’autorité maternelle qui s’est finalement soldé par la mort. 

La mère est morte après avoir consommé la boisson (illustration). © GabonReview

 

Le drame remonte au 13 juin 2024 à Okondja, chef-lieu du département de la Sébé-Brikolo. Ce jour-là, Esther Diki Nzoghet aurait été prise d’un profond malaise après avoir consommé un verre de jus.

Transportée au centre médical de la ville, la mère de famille n’a pas survécu. Elle y a rendu l’âme peu après son admission, plongeant ses proches dans la consternation.

Rapidement, l’enquête ouverte par la brigade de gendarmerie locale a orienté les soupçons vers l’entourage familial, jusqu’à mettre en cause la propre fille de la victime, alors âgée de 13 ans. 

Du camphre pour pouvoir sortir la nuit

Confrontée aux enquêteurs, l’adolescente a fini par passer aux aveux. Son mobile apparaît alors moins lié à une volonté de nuire qu’à la volonté de se soustraire à l’autorité parentale.

La jeune fille expliquera ne plus supporter les réprimandes de sa mère au sujet de ses sorties nocturnes et de sa relation amoureuse. Pour pouvoir quitter le domicile sans être contrôlée, elle aurait alors décidé d’introduire du camphre dans la boisson de sa génitrice.

Le jeune mise en cause (de dos) pendant le procès. © L’Union/Léa Daoud

L’objectif, selon ses déclarations constantes au cours de la procédure, était de l’endormir suffisamment longtemps pour pouvoir sortir librement durant la nuit. Mais le stratagème a viré au drame : la mère est morte après avoir consommé la boisson. 

Un geste sans intention homicide retenue

Placée sous mandat de dépôt à la prison centrale de Franceville le 21 juin 2024, G.M. y a passé environ six mois avant de bénéficier d’une liberté provisoire.

Durant l’enquête préliminaire comme devant la juridiction, l’adolescente est restée constante dans ses déclarations et a reconnu les faits. Cette constance, conjuguée à son jeune âge et à l’absence d’intention de donner la mort retenue par la juridiction, a conduit à une requalification des faits.

Initialement poursuivie pour empoisonnement, la prévenue a finalement été reconnue coupable d’homicide involontaire. Le tribunal de première instance de Franceville l’a condamnée, le 19 août dernier, à 12 mois de prison, dont 7 assortis du sursis, ainsi qu’à 3 millions de francs CFA d’amende. 

La clémence sollicitée au regard de son âge

Tenant compte de l’âge de l’accusée au moment des faits, le ministère public avait sollicité l’application de circonstances atténuantes et la clémence du tribunal. Son avocat, Me Yoni Andy Nkum’Enguie, avait pour sa part plaidé en faveur du sursis, en s’appuyant notamment sur l’article 184 du Code de l’enfant.

Au terme des débats, la juridiction a donc retenu la qualification d’homicide involontaire, considérant que le geste de l’adolescente, aussi lourd de conséquences soit-il, n’était pas motivé par la volonté de tuer sa mère. 

Derrière cette affaire, c’est ainsi un conflit familial autour des sorties nocturnes, du contrôle parental et d’une relation amoureuse qui aura conduit à une issue irréversible : une adolescente qui voulait simplement échapper, le temps d’une nuit, à la surveillance de sa mère a finalement provoqué sa mort.

 

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