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Société

Monument Damas Aléka : l’architecte Erick Mauro passe de l’esplanade à la DGR

Par Dimitri Mimongo
· mis à jour le 28 octobre à 0h28 · 2 min de lecture

Monument Damas Aléka : l’architecte Erick Mauro passe de l’esplanade à la DGR
L’architecte Erick Mauro Nguémah, interpellé lundi 27 juillet et conduit à la Direction générale des recherches. © GabonReview

 

Une voiture sans son propriétaire. Lundi 27 juillet, celle d’Erick Mauro Nguémah stationnait bien sur le chantier du monument Georges Damas Aléka. Mais lorsque le président Brice Clotaire Oligui Nguema en a foulé les allées, l’architecte, artisan du projet depuis son lancement, restait, lui, introuvable. Écarté de la visite ?  La soirée apportera l’explication à cette absence : l’homme sera interpellé par après et conduit à la Direction générale des recherches (DGR), où il passe les nuits. 

L’architecte Erick Mauro Nguémah, interpellé lundi 27 juillet et conduit à la Direction générale des recherches. © GabonReview

 

Depuis plusieurs semaines déjà, le chantier de l’esplanade dédiée à l’auteur de l’hymne national vit sous une pression inédite. Trois ans après son lancement, l’ouvrage accuse toujours du retard, en dépit de l’échéance du 17 août fixée par le chef de l’État lors d’une précédente inspection, houleuse, le 30 juin dernier. Une ultime visite de contrôle était annoncée pour le 16 août, comme un compte à rebours imposé à l’architecte.

C’est dans ce climat de fébrilité que s’inscrit l’épisode du 27 juillet. Sur les images de la visite présidentielle diffusées par la suite, où le chef de l’État inspecte les travaux et formule ses observations habituelles, aucune trace d’Erick Mauro Nguémah, pourtant seul maître à bord de ce chantier depuis l’origine.

Une garde à vue à visée d’instruction

Selon des sources proches du dossier, l’interpellation ne procéderait pas d’une mise en cause déjà arrêtée, mais répondrait à un simple besoin d’une enquête. Autrement dit, la DGR chercherait avant tout à recueillir des éléments, non à instruire un dossier à charge. Sauf élément nouveau, l’architecte devrait recouvrer sa liberté à l’issue de cette audition qu’il attend à la DGR depuis lundi.

Reste que le timing interroge. Écarté des images de la visite présidentielle avant d’être interpellé dans la foulée, Erick Mauro Nguémah se retrouve au cœur d’une séquence où se mêlent pression politique, urgence calendaire et zones d’ombre contractuelles.

Un dossier déjà sous tension

L’affaire du monument Damas Aléka avait déjà connu un rebondissement début juillet, avec la publication d’un mémorandum de l’Ordre gabonais des architectes mettant en cause plusieurs décisions prises depuis la Présidence : budget amputé, délais compressés, modifications imposées en cours de chantier. Ce document, présenté comme de nature à nuancer la responsabilité de l’architecte, avait suscité une réaction du Conseil national de l’Ordre, dénonçant des propos qu’il jugeait calomnieux.

L’interpellation d’Erick Mauro Nguémah relance donc un dossier déjà sensible, à quelques semaines des célébrations du 17 août, pour lesquelles l’esplanade doit accueillir une partie des cérémonies officielles.

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