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Société

Marche des «Femmes Braves» de Mouila : stoppées avant Libreville, mais pas réduites au silence

Par Désiré-Clitandre Dzonteu
· mis à jour le 28 octobre à 0h33 · 3 min de lecture

Marche des «Femmes Braves» de Mouila : stoppées avant Libreville, mais pas réduites au silence
les «Femmes Braves» de Mouila allant en direction de Libreville avant d’être stoppées. © La Une Média Gabon

 

Parties de Mouila, le 15 juillet, avec l’ambition de rallier Libreville à pied, les «Femmes Braves» ont vu leur initiative s’interrompue, le 20 juillet, après seulement 27 kilomètres de marche, entre Doubou et Mboukou. Ce convoi symbolique, porté par une dizaine de marcheuses issues d’un collectif qui en compte plus d’une trentaine, a été stoppé par les éléments de la Gendarmerie nationale sur instruction du ministère de l’Intérieur. Le préfet de la Douya-Onoye, Alphonse Ndemé, assurant l’intérim du gouverneur de la Ngounié, a justifié cette décision par des «raisons de sécurité» et la nécessité de se conformer au cadre réglementaire des manifestations publiques.

les «Femmes Braves» de Mouila allant en direction de Libreville avant d’être stoppées. © La Une Média Gabon

 

La longue marche entreprise par les «Femmes Braves» de Mouila, en direction de Libreville, s’est arrêtée prématurément, le 20 juillet, après seulement 27 kilomètres parcourus. Lancée le 15 juillet avec l’ambition de rallier la capitale, à pied, sur près de 500 kilomètres, pour porter un message au président Brice Clotaire oligui Nguema et à son épouse, Zita, cette initiative dite «citoyenne et pacifique» a été interrompue entre Doubou et Mboukou par les éléments de la Gendarmerie nationale, sur instruction des autorités administratives. Le préfet du département de la Douya-Onoye, Alphonse Ndemé, assurant l’intérim du gouverneur de la Ngounié, a, en effet, ordonné la suspension du convoi, à la demande du ministère de l’Intérieur. Il a invoqué des impératifs de sécurité et le respect du cadre légal régissant les manifestations sur la voie publique.

Derrière cette marche de près de 500 kilomètres, se dessinait pourtant une démarche que ses initiatrices présentaient comme strictement citoyenne, loin de toute revendication politique partisane. «Braves parce que la bravoure, c’est notre quotidien. Se lever le matin, aller au marché, donner la vie, éduquer les enfants. C’est ce qui nous a donné l’idée de créer les Femmes Braves. Et nous avons choisi la marche parce que c’est visible. Ce n’est pas une revendication. C’est une marche pacifique, citoyenne, de joie», a expliqué leur présidente, Émerole Mounganga Lefendin, rapportée par le quotidien l’Union. À travers cette action, les participantes entendaient, à la fois, manifester leur adhésion aux actions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et de son épouse Zita, tout en portant les préoccupations concrètes des populations de Mouila.

Attirer l’attention des plus hautes autorités sur le déficit d’infrastructures dans leur province

Les participantes souhaitaient, en effet, attirer l’attention des plus hautes autorités sur le déficit d’infrastructures dans leur province, notamment l’absence d’un marché moderne, le manque d’une caserne de sapeurs-pompiers, l’insuffisance d’écoles de proximité et, plus largement, les besoins en équipements, indispensables au développement de la commune. Pour les initiatrices, cette longue marche constituait un moyen pacifique de faire entendre la voix des habitants de l’arrière-pays et d’obtenir une audience avec le chef de l’État.

L’interruption de leur progression n’a toutefois pas mis fin à leur détermination. «Nous avons été stoppées par la gendarmerie et le préfet. L’initiative est lancée. Nous allons revoir la stratégie pour mieux nous y prendre. Nous ne faisons pas de politique. Nous sollicitons juste un échange avec le président de la République», a insisté leur responsable. À la suite de cette intervention, une séance de travail a été organisée avec les autorités administratives de la localité. Saluant «l’engagement des femmes», le préfet Alphonse Ndemé a ouvert la voie au dialogue, appelant à privilégier les canaux institutionnels pour faire remonter leurs doléances, et laissant entrevoir une possible reconfiguration de cette mobilisation citoyenne.

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