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Économie

Lycée d’État de Port-Gentil : le combat d’Arsène Boundzanga face aux difficultés du chantier

Par Michel Ndong
· mis à jour le 28 octobre à 1h08 · 3 min de lecture

Lycée d’État de Port-Gentil : le combat d’Arsène Boundzanga face aux difficultés du chantier
Le portail du lycée d’État de Port-Gentil rénové. © D.R.

 

Le chantier de réhabilitation du Lycée d’État de Port-Gentil, confié à King Industry Gabon devait symboliser la montée en puissance des entreprises nationales dans les grands projets publics. Mais pour son dirigeant, Arsène Boundzanga, le projet s’est transformé en une épreuve marquée par des difficultés financières, des procédures judiciaires, des salaires impayés et des matériaux bloqués à la douane.

Le portail du lycée d’État de Port-Gentil rénové. © D.R.

 

Présenté comme une vitrine du savoir-faire gabonais, le projet de réhabilitation du Lycée d’État de Port-Gentil connaît aujourd’hui une trajectoire mouvementée. Pour Arsène Boundzanga, responsable de King Industry Gabon, l’entreprise chargée des travaux, les ambitions initiales ont laissé place à une succession d’obstacles qui compromettent la bonne progression du chantier.

Au lancement du projet, l’objectif était de démontrer que les entrepreneurs gabonais étaient capables de conduire des infrastructures publiques d’envergure. Mais plusieurs contraintes sont venues ralentir l’exécution des travaux : retards de paiement, difficultés de trésorerie, hausse des coûts des matériaux et tensions liées à l’approvisionnement. Selon l’entreprise, les paiements liés au marché auraient été effectués de manière espacée, obligeant King Industry Gabon à mobiliser des ressources supplémentaires pour maintenir les activités du chantier, respecter ses engagements et préserver les emplois.

À ces difficultés financières se sont ajoutées des procédures judiciaires visant Arsène Boundzanga. En moins d’une année, le dirigeant a été poursuivi à deux reprises pour des faits présumés de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de non-exécution des travaux. Des accusations que l’entrepreneur a toujours contestées, affirmant que les équipes continuaient à travailler malgré les contraintes rencontrées. La justice gabonaise a finalement prononcé sa relaxe au terme des procédures engagées. Cette issue soulève désormais des interrogations sur les circonstances ayant conduit à ces poursuites répétées et sur les responsabilités réelles dans les difficultés rencontrées par le chantier.

Une rallonge budgétaire inexistante 

Arsène Boundzanga et l’avancement du chantier. © D.R

L’un des points sensibles du dossier concerne également une rallonge budgétaire évoquée lors des audiences. Selon les éléments rapportés, une extension des délais ainsi qu’un financement complémentaire auraient été accordés dans le cadre du marché. Toutefois, Arsène Boundzanga affirme ne jamais avoir reçu les montants concernés et indique disposer de documents susceptibles de soutenir sa version.

Au-delà du volet administratif et judiciaire, la situation entraîne de lourdes conséquences sociales. D’après King Industry Gabon, près d’une centaine d’employés seraient touchés par les difficultés financières de l’entreprise, avec plusieurs mois d’arriérés de salaires pour certains travailleurs. L’entreprise évoque également le décès de deux collaborateurs durant cette période de crise.

Autre difficulté majeure : quatre conteneurs contenant des matériaux de finition importés de Chine seraient bloqués à la douane de Port-Gentil depuis juillet 2025. Les frais accumulés liés aux taxes, au stockage et aux surestaries dépasseraient, selon l’entreprise, 140 millions de francs CFA.

Face à cette situation, Arsène Boundzanga appelle à un accompagnement afin de permettre le déblocage des marchandises, la reprise complète des travaux et le règlement des salaires en retard. Pour lui, l’enjeu dépasse son entreprise : il concerne la capacité des acteurs nationaux à participer durablement aux grands projets publics. À quelques mois de la rentrée scolaire, l’entrepreneur assure rester mobilisé pour achever le chantier et livrer un établissement rénové aux élèves de Port-Gentil.

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