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Économie

Loi de finances rectificative 2026 : les aides aux familles supprimées à 99 %, le budget des fêtes nationales doublé

Par Dimitri Mimongo
· mis à jour le 28 octobre à 1h20 · 3 min de lecture

Loi de finances rectificative 2026 : les aides aux familles supprimées à 99 %, le budget des fêtes nationales doublé
Le PLFR 2026 réduit d’un tiers la dotation consacrée à la gratuité des accouchements, pendant que le budget des fêtes nationales double. © GabonReview / Illustration IA

 

Le gouvernement l’affirme dans son communiqué officiel : les autorités «se refusent à sacrifier le bien-être des populations». Le Projet de loi de finances rectificative 2026, actuellement examiné par la Commission des finances de l’Assemblée nationale, raconte une histoire radicalement différente. Aides aux familles supprimées à 99 %, gratuité des accouchements réduite d’un tiers, Samu social amputé d’un cinquième, pendant que le budget des fêtes nationales double et que les subventions aux carburants sont multipliées par cinq.

Le PLFR 2026 réduit d’un tiers la dotation consacrée à la gratuité des accouchements, pendant que le budget des fêtes nationales double. © GabonReview / Illustration IA

 

Il y a les mots, et il y a les chiffres. Les mots, ce sont ceux du communiqué final du Conseil des ministres, qui se veut rassurant. Les chiffres, ce sont ceux des 105 articles du PLFR, noyés dans des tableaux que peu de Gabonais liront jusqu’au bout. GabonReview les a lus. Et ce que ces tableaux disent des familles, des mères qui accouchent et des personnes âgées ne correspond pas à ce que le communiqué promet.

29 milliards qui disparaissent

La ligne «Aides aux familles» passait à 29,3 milliards de francs CFA dans la loi de finances initiale. Le PLFR la ramène à 265 millions. Une chute de 99 %. Concrètement, c’est l’un des rares filets de protection directe pour les foyers les plus exposés, déjà fragilisés par la hausse du coût de la vie, qui disparaît presque entièrement d’un trait de plume budgétaire.

La gratuité des accouchements, l’un des dispositifs les plus visibles de la politique sociale gabonaise, perd 34 % de sa dotation, passant de 3,57 à 2,34 milliards. Pour des familles qui comptaient sur ce dispositif pour accéder aux soins de maternité sans frais, la réduction se traduira tôt ou tard par des arbitrages douloureux dans les structures hospitalières. Le Samu social, qui prend en charge les personnes en situation de rue ou de détresse aiguë, voit son budget reculer de 20 %. Les personnes âgées perdent 12 % de leur ligne dédiée. Les filets sociaux généraux, eux, baissent de 11 %.

Pendant ce temps, les fêtes doublent

Le contraste est saisissant. Dans le même texte, le budget consacré aux fêtes du 17 août, du 30 août et aux activités culturelles passe de 8,6 à 18,6 milliards de francs CFA, soit une hausse de 116 %. Les primes d’assurance augmentent de 149 %. Et la subvention au carburant, celle qui profite avant tout aux propriétaires de véhicules, donc aux ménages les mieux dotés, est multipliée par plus de quatre, passant de 12,2 à 55,4 milliards.

Une seule comparaison suffit à mesurer l’écart de priorités : l’augmentation du seul soutien aux prix des carburants (plus de 43 milliard), dépasse à elle seule l’ensemble des coupes sociales additionnées. Le texte ne protège pas les familles les plus vulnérables. Il protège la pompe à essence.

Une rigueur qui épargne la solde

Cette austérité ciblée prend tout son sens lorsqu’on la compare au sort réservé à la masse salariale de l’État. Celle-ci s’élève à 958,6 milliards de francs CFA pour 119 317 agents, après avoir bondi de 33 % en un an. Le PLFR ne la réduit que de 0,1 %. Autrement dit, au moment où l’aide aux familles est presque intégralement supprimée, la rémunération des agents publics reste, à un milliard près, totalement intacte.

Pour des dizaines de milliers de foyers gabonais qui comptaient sur ces dispositifs sociaux, souvent modestes mais vitaux, ce choix budgétaire se traduira dans le quotidien : des accouchements moins bien accompagnés, des personnes âgées moins soutenues, des familles en difficulté livrées à elles-mêmes. Ce n’est pas une abstraction comptable. C’est une vie un peu plus dure, pour ceux qui avaient le moins de marge pour l’absorber.

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