Édition du soir · mercredi 28 octobre

Samedi 31 octobre 2026 · Libreville

Le fil

  1. Valorisation de l’iboga : le plaidoyer de Mapangou trouve un écho auprès d’Ambio Life Science
  2. Potasse de Banio : Millennial vise désormais jusqu’à 1,2 million de tonnes par an dès le démarrage
  3. Naufrage du Prospector 5 : l’ONEP réclame un renforcement des mesures de sécurité
  4. Gabon : 30,5 % de chômage chez les jeunes, la Banque mondiale appelle à investir dans les compétences
  5. JOJ Dakar 2026 : la France et le Gabon mobilisés derrière sept jeunes athlètes gabonais
  6. Diplomatie : Oligui Nguema reçoit les lettres de créance de six ambassadeurs
  7. APJ Gabon : les journalistes judiciaires s’organisent pour gagner en rigueur
  8. Autisme : le Gabon défend l’inclusion scolaire à Cotonou
  9. Entrepreneuriat : l’ANPI-Gabon, facilitateur ou frein à la création d’entreprises ?
  10. Digitalisation : le Gabon lance sa première semaine du numérique 
  11. Gabon : un fichier unique pour mieux suivre les participations de l’État
  12. Collectivités locales : les maires portent leurs doléances au Sénat

Société

Libreville : Oligui met les chantiers fantômes sous ultimatum

Par Dimitri Mimongo
· mis à jour le 28 octobre à 0h22 · 2 min de lecture

Libreville : Oligui met les chantiers fantômes sous ultimatum
À La Sablière, cet édifice en chantier depuis des années, attribuée à un haut fonctionnaire et fils d’Omar Bongo, pourrait désormais entrer dans le viseur de l’État. © GabonReview

 

Ils font depuis des années partie du décor : immeubles éventrés, squelettes de béton et chantiers dont nul ne sait plus très bien s’ils attendent une reprise ou consacrent un abandon. Brice Clotaire Oligui Nguema veut en finir avec ces verrues urbaines. Dans son discours à la Nation du 16 août, le chef de l’État a placé leurs propriétaires devant une alternative : achever les travaux dans les délais qui seront fixés ou s’exposer, après mise en demeure, à une possible réquisition.

À La Sablière, cet édifice en chantier depuis des années, attribuée à un haut fonctionnaire et fils d’Omar Bongo, pourrait désormais entrer dans le viseur de l’État. © GabonReview

 

À Libreville, l’inachevé a longtemps bénéficié d’une étrange longévité. Certains chantiers traversent les années, parfois les décennies, avec leurs fers rouillés dressés vers le ciel et leurs façades promises à un lendemain qui ne vient jamais. Le président de la République entend désormais faire de cette vieille banalité urbaine une affaire d’autorité publique.

«Vous avez des droits, mais vous avez aussi des obligations envers la collectivité», a prévenu Brice Clotaire Oligui Nguema, visant expressément les propriétaires d’immeubles et de chantiers inachevés bordant les grands axes de la capitale. Puis vient l’ultimatum : «Ces travaux devront être achevés dans les délais qui seront fixés.»

Du rappel à l’ordre à la réquisition

La nouveauté est là. Le pouvoir ne se contente plus d’appeler au ravalement des façades ou à l’embellissement de la ville. Il brandit la contrainte. Après les mises en demeure nécessaires, les sites «durablement abandonnés» portant atteinte à la sécurité, à la salubrité ou à l’image de Libreville pourraient tomber sous le coup d’une réquisition pour cause d’intérêt général. Le gouvernement est chargé d’en préparer l’arsenal normatif, «dans le strict respect de la Constitution et du droit de propriété».

La formule est ferme. Son exécution sera autrement plus délicate. Le discours ne dit encore ni ce qui caractérisera juridiquement un chantier «durablement abandonné», ni les délais accordés aux propriétaires, ni les modalités concrètes d’une éventuelle réquisition. C’est précisément dans ces détails que l’annonce présidentielle devra passer du registre politique au droit applicable.

Libreville doit changer de visage

L’offensive n’arrive pas par hasard. Le Gabon envisage d’accueillir un prochain sommet de l’Union africaine et le chef de l’État veut présenter une capitale à la hauteur de cette ambition. Il appelle parallèlement les habitants à nettoyer caniveaux, maisons et abords, tandis que les propriétaires des constructions délaissées sont sommés de prendre leur part.

Le signal est donc limpide : Libreville ne devra plus seulement se construire. Elle devra aussi finir ce qu’elle a commencé. Pour les chantiers fantômes de la capitale, le temps où l’on pouvait laisser le béton vieillir tranquillement pourrait toucher à sa fin.

La lettre de Gabon Review

L'édition du soir, chaque jour à 19 h, dans votre boîte

Les sept articles qui comptent, choisis par la rédaction, avec le chiffre du jour et les derniers appels d'offres.