«Le synode est souverain» : l’Église évangélique du Gabon conteste la décision du ministère de l’Intérieur
Le collectif des pasteurs laïcs de l’Église évangélique du Gabon (EEG) est monté au créneau, le 18 août à Baraka, pour dénoncer la décision du ministère de l’Intérieur suspendant à titre conservatoire le bureau national élu à l’issue du dernier synode national. Une mesure jugée contraire aux principes de laïcité et à l’autonomie des organisations religieuses.
Le collectif des pasteurs laïcs appelle Oligui Nguema à trancher. © Gabonactu.com
Réuni en point de presse à Baraka le 18 août 2026, le collectif du peuple chrétien de l’Église évangélique du Gabon (EEG) a vivement contesté la décision du ministre de l’Intérieur portant suspension du bureau national issu du synode de fin et de renouvellement de mandat. Selon ses responsables, cette mesure constitue une atteinte grave à l’indépendance de l’institution religieuse et une ingérence dans la gestion de ses affaires internes.
Dans son droit de réponse aux récents communiqués du ministère de l’Intérieur, le collectif rappelle que l’EEG a toujours entretenu des relations respectueuses avec l’État gabonais et observé le principe de laïcité. Pour ses membres, la dissolution des organes élus conformément aux textes régissant l’Église ne saurait être justifiée et remet en cause le fonctionnement normal de la confession.
Une « ingérence » qui entrave le fonctionnement normal de l’EEG
«Le synode national s’est déroulé en présence des représentants de la CEVA, de la CETA, du représentant de l’Église catholique du Gabon, du président de la Fédération des Églises de réveil du Gabon. Cette décision du ministre de l’Intérieur est une ingérence et entrave le fonctionnement normal de notre institution au motif que les dispositions de la Constitution de la loi référendaire donnent la pleine mesure à notre institution de conduire nos affaires d’une manière indépendante», a déclaré le révérend Moïse Ovono Megnie.
Face à la persistance de la crise née de la contestation des résultats du synode par le candidat Moïse Ovono Auvenemagne, le collectif appelle à l’arbitrage du président de la République. «Le synode est souverain. Il est l’instance suprême de l’Église et ses décisions sont exécutoires. C’est pourquoi, face à ce qu’on peut qualifier de grave dérapage, le peuple chrétien de l’Église évangélique du Gabon fait appel à l’intervention du président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour le règlement de ce litige et ramener la sérénité et la paix», a-t-il fait savoir.
Pour rappel, le synode de fin et de renouvellement du mandat présidentiel de l’EEG a opposé deux candidats issus de la région synodale du Ntem : les révérends Moïse Ovono Megnie et Jean-Daniel Allogo-Essimengane, ce dernier ayant été élu à la tête de l’institution.




