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Sport

Le Mali efface un beau rêve aux tirs aux buts

Par La Rédaction
· 5 min de lecture

Le Mali, tombeur du Gabon, coorganisateur, aux tirs au but (5-4, 1-1 a.p.), et le Ghana, vainqueur de la Tunisie après prolongation (2-1 a.p.), se sont qualifiés dimanche pour les demi-finales de la CAN-2012 où ils défieront respectivement la Côte d’Ivoire et la Zambie

Le Gabon pleure mais n’aura pas grand chose à reprocher à ses héros. Pendant quinze jours, les Panthères ont offert un magnifique visage et du spectacle dans cette CAN légèrement dévaluée par l’absence de l’Egypte et du Cameroun. Sur sa route, le Gabon est tombé sur un Mali plus expérimenté et solidaire. Regonflés par Alain Giresse, les Aigles ont su laisser passer l’orage gabonais avant de recoller. Sous les yeux des 40.000 spectateurs réunis à Libreville, le Gabon tenait pourtant sa qualification jusqu’à la 84e minute de jeu, après l’ouverture du score d’Eric Mouloungui, servi par Pierre-Emerick Aubameyang (55e). Ensuite, « il nous manqué un peu de réussite », a dit la patron du Gabon Gernot Rohr. « On a eu deux poteaux. Au niveau des occasions franches, c’était jouable. »

Le but du Bordelais Cheick Diabaté, entré en jeu dix minutes plus tôt, a rebattu les cartes en toute fin de match, obligeant les Gabonais à jouer les prolongations. « Le coaching gagnant avec Diabaté? C’est une invention de journalistes. Si on savait qu’un joueur marquerait en le faisant entrer, on le ferait entrer plus tôt », a dit le patron du Mali Alain Giresse. En égalisant, le Mali avait fait la moitié du chemin. L’autre partie du billet allait se négocier aux tirs au but. Les buteurs en verve, c’est au premier qui céderait. Dynamiteur de l’attaque des Panthères en phase de poules, le Stéphanois Pierre Aubameyang était le seul à placer un tir trop mou et sur le portier malien. Double peine, il éliminait son équipe et allait retrouver les monts gelés du Forez. La sélection malienne trouvera sur son chemin la Côte d’Ivoire de Didier Drogba, qui fait plus que jamais figure de grand favori, mercredi à Libreville..

Le Ghana, quart de finaliste du Mondial-2010, demi-finaliste (2008) et finaliste (2010) des deux dernières Coupes d’Afrique, est pour sa part difficilement venu à bout de la Tunisie. Après avoir ouvert le score par Mensah (10), il a été rejoint peu avant la pause sur un but de Khelifa (42) et il a fallu un énorme coup de pouce du gardien tunisien Mathlouthi, qui a relâché un centre anodin, pour que Andre Ayew ne débloque la situation en prolongation (101).

Éric Mouloungui (auteur du but gabonais) :
« Vu qu’on mène au score et qu’ils égalisent lors des 10 dernières minutes, c’est compliqué à accepter… Il y a un grand sentiment de déception. On a joué un très bon tournoi. On a fait plaisir à la population gabonaise. On n’a pas à présenter des excuses (aux Gabonais). On était chez nous, c’est vrai. Le public est déçu comme nous-mêmes, je crois qu’on leur a fait plaisir, qu’on les a fait vibrer. Il y avait beaucoup de sceptiques, on a montré au peuple gabonais et aux connaisseurs qu’on avait notre place. L’équipe est jeune. On a péché sur de petits détails. On va continuer à travailler. Il y a une grande satisfaction, c’est qu’on sort de la CAN sans perdre de match ».

 

Gernot Rohr (sélectionneur du Gabon):
« Il nous manqué un peu de réussite. On a eu deux poteaux. Au niveau des occasions franches, c’était jouable. Je voulais féliciter mes joueurs qui ont tout donné et quand on a tout donné, on peut sortir la tête haute en félicitant l’adversaire. C’était un match difficile contre une grosse équipe. »

 

Alain Giresse (sélectionneur du Mali):
« Ce n’est pas une revanche. Je ne fonctionne pas comme ça. C’est mal me connaître. Aujourd’hui mon plaisir c’est d’être en demi-finale avec mon équipe, celle que je dirige… C’est une grande satisfaction. On a bien calculé notre coup, on a eu la patate nécessaire pour aller jusqu’au bout. Le coaching gagnant avec Diabaté? C’est une invention de journalistes. Si on savait qu’un joueur marquerait en le faisant entrer, on le ferait entrer plus tôt ».

 

Lloyd Palun, rare joueur de son équipe à s’arrêter en zone mixte, le milieu de terrain du Gabon, réagit à l’élimination des Panthères.


« Je me sens un peu mal. On a fait un bon parcours et on aurait pu continuer. Je n’a pas beaucoup joué, mais je pense avoir fait d’assez bonnes prestations. Je veux remercier tous les Gabonais, qui nous ont soutenus. On se retrouvera. Il y a une CAN en 2013. On va tout faire pour se qualifier. L’avenir immédiat ? Je vais rentrer à Nice et essayer d’aider au maintien de l’équipe en Ligue 1. »

 

Seydou Keita (milieu du Mali) :
« Je suis fier de porter ce maillot. (Quand j’ai marqué le dernier tir au but) C’était comme si j’étais dans les rêves. J’ai gagné avec Barcelone, mais on est demi-finales et c’est comme si on avait gagné la Coupe. Quand on gagne, je suis comme un gamin, pourtant je ne suis pas jeune (32 ans). Il y en a dans le groupe qui ont 19 ans, mais je suis encore plus jeune qu’eux! Je suis revenu dans l’équipe du Mali pour les deux derniers matches des éliminatoires. Ca été très difficile avec le coach (Giresse). On ne s’était pas compris mais après ca allait. Je ne voulais pas revenir parce que je ne voyais pas le changement. Le coach ou moi, notre objectif c’est le résultat. Moi et le coach, on a un objectif. Aujourd’hui, on est complice. Personne nous a fait de cadeau. On a mérité notre qualification. Tout n’est pas parfait. On n’est pas Barcelone ni le Brésil mais on est demi-finales et on va jouer avec nos atouts. La pression c’est pour eux (Côte d’Ivoire). On n’a pas la pression, on n’a rien à perdre. Le passé? (21 rencontres contre la Côte d’Ivoire, 14 victoires de la Côte d’Ivoire, 6 nuls, une seule victoire du Mali): En football, le passé ne compte pas ».

Retrouvez l’intégralité du match, minute par minute, sur le site événement de la CAN au Gabon

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