Football : Incertitudes sur la Can 2017
En proie à une crise postélectorale, le Gabon pourrait perdre l’organisation de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (Can), au profit d’un autre pays.
Quelques officiels à la présentation de la mascotte de la Can 2017. © amazonaws.com
La 31e édition de la Coupe d’Afrique des nations (Can) se jouera-t-elle au Gabon du 21 au 12 février prochain ? Une question motivée par la crise dans laquelle est plongé le pays, au lendemain du scrutin présidentiel du 27 août dernier. Alors que le tirage au sort des poules est prévu le 19 octobre prochain à Libreville, la capitale gabonaise est loin d’avoir retrouvé la sérénité avec, notamment, de nombreuses personnes disparues, l’Assemblée gabonaise incendiée, des télévisions indépendantes attaquées, ou encore la restriction d’accès Internet et la suspension des réseaux sociaux.
Une situation qui a d’ailleurs poussé Pierre-Emerick Aubameyang à adresser un message de paix à l’attention de ses compatriotes. Pas sûr, cependant, que la priorité soit au football pour les autorités gabonaises.
Une situation suivie de près par la Confédération africaine de football (Caf), qui se veut plutôt rassurante. «On suit la situation», a simplement déclaré le porte-parole de la Caf sur francetvsport.fr. «Le calendrier communiqué par la Caf est maintenu», a ajouté Junior Binyam, indiquant que la question du «plan B» n’était pas encore à l’ordre du jour. Si pour l’heure l’instance africaine du football fait dans le politiquement correcte, la question sera certainement abordée lors des réunions annuelles de la Caf, prévues du 21 au 27 septembre prochain au Caire, en Egypte.
Pressentie pour remplacer le Gabon, l’Algérie a préféré botter en touche, son ministre des Sport affirmant lui, aussi, que la question n’était pas à l’ordre du jour. «Si les organisateurs nous font cette demande, la question sera posée au gouvernement et c’est au président de la République de prendre la décision adéquate», a déclaré El Hadi Ould Ali. «Si on demandait à l’Algérie d’abriter ce rendez-vous continental, un grand travail doit être effectué en coordination de la fédération algérienne de football», a conclu le ministre algérien.
La Coupe d’Afrique des nations a déjà changé de pays d’accueil. En 1996, le Kenya avait renoncé en raison du retard pris dans les travaux des stades et l’Afrique du Sud avait finalement servi de plan B. En 2013, c’était au tour de la Libye, en proie à une guerre civile depuis 2011, de renoncer. La précédente Can, en 2015, avait elle aussi été retirée au Maroc, qui avait souhaité reporter la compétition en raison de la propagation du virus Ebola. Représentant d’importants enjeux économiques, la Can n’a jamais été annulée depuis sa création en 1957 au Soudan. Elle se déroulera bien en 2017, sauf cataclysme, mais peut-être pas au Gabon.




