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Environnement

Fonds pour l’économie verte en Afrique Centrale : L’approbation des gouvernements

Par Loic Ntoutoume
· 3 min de lecture

Le projet de création du Fonds pour l’économie verte en Afrique centrale (FEVAC), en particulier l’économie du bois, vient d’être validé par les ministres de la sous-région.

© blogs.hbr.org

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C’est un pas supplémentaire que vient de marquer le projet de développement de l’économie verte en Afrique centrale. Dans le droit fil des engagements de Rio+20, le texte adopté à Kinshasa donne une autre teneur à la filière bois. Il sera présenté aux chefs d’État qui se réuniront du 24 au 25 novembre à Ndjamena au Tchad. «L’Afrique centrale parvient aujourd’hui, pour la première fois, à faire entrer l’environnement dans la structure économique même des pays de la région», a estimé l’expert en valorisation de la biodiversité et coordonnateur de l’organisation de la Conférence des ministres de la CEEAC, Honoré Tabuna.

Cette nouvelle étape qui ouvre la voie à la phase de conclusion et de mise en application pratique d’un processus entamé en 1992, permettra de faire sortir l’économie verte des seules préoccupations des spécialistes de l’environnement et la faire entrer dans celles des économistes de chaque gouvernement. «Il faut démontrer que les ressources naturelles vertes rapportent bien plus», a indiqué pour sa part Aimé Nianogo, directeur régional pour l’Afrique de l’ouest de l’UICN. Et d’ajouter que «nos études démontrent que l’économie du bois pourra peser de 3 à 8% sur les grandes économies de la région et que celle-ci générera un grand nombre d’emplois, une préoccupation majeure dans de nombreux pays de la région».

En effet, l’économie du bois constitue depuis longtemps une porte ouverte vers les marchés internationaux. Elle bénéficie actuellement des avancées majeures offertes par les programmes de réglementation des marchés tels que le Règlement bois de l’Union Européenne mais également le Lacey Act aux États-Unis ou l’Australian Illegal Logging Prohibition Act. Ces réglementations et accords comme ceux du FLEGT ouvrent des marchés nouveaux, plus fiables, mieux contrôlés et dont les revenus peuvent être mieux répartis grâce à une meilleure gouvernance. Le changement de système économique que permet le développement de l’économie verte nécessite des adaptations profondes. «Il s’agit là d’un des obstacles majeurs auquel les meilleurs volontés et les prises de position, même les plus sincères des décideurs, risque toujours de se heurter» a regretté Aimé Nianogo, qui rappelle en outre la recrudescence actuelle de la corruption dans de nombreux pays d’Afrique.

Pour le démarrage du Fonds pour l’économie verte en Afrique centrale (Fevac) prévu pour 2015, le gouvernement de la RDC, qui souhaite abriter le siège du fonds, a annoncé une contribution de 3 millions de dollars. La conférence a réuni, du 27 au 30 octobre dernier, les ministres des Finances, des Affaires Etrangères et des Forêts d’Afrique centrale ainsi que de nombreux experts spécialistes de l’économie verte et de l’économie du bois. Elle s’est tenue sous l’égide de la CEEAC, dans le cadre du programme Ecosystèmes fragilisés d’Afrique centrale (ECOFAC) né d’une collaboration avec l’Union Européenne, qui apporte son soutien financier dans le cadre du Plan d’action de l’UE sur l’application de la législation forestière, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT).

 

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