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Économie

Exportations gabonaises : l’Égypte en tête, mais une performance encore à confirmer

Par Désiré-Clitandre Dzonteu
· mis à jour le 28 octobre à 0h26 · 3 min de lecture

Exportations gabonaises : l’Égypte en tête, mais une performance encore à confirmer
La principale interrogation reste celle de la pérennité de ce nouveau débouché, notamment de savoir si les échanges se maintiendront dans les prochains trimestres (Illustration AI). © D.R.

 

Au terme du premier trimestre 2026, l’Égypte s’est imposée comme le premier client africain du Gabon, selon les données de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF) et de la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI), citées par Directinfosgabon. Le pays a enregistré une progression spectaculaire de ses achats auprès du Gabon, de plus de 117 000% sur un an. L’envolée qui doit toutefois être relativisée, d’autant plus que cette hausse exceptionnelle repose en effet sur un niveau d’échanges quasiment nul au premier trimestre 2025, rendant mécaniquement très élevée toute progression en valeur.

La principale interrogation reste celle de la pérennité de ce nouveau débouché, notamment de savoir si les échanges se maintiendront dans les prochains trimestres (Illustration AI). © D.R.

 

Au premier trimestre 2026, l’Égypte a fait une entrée remarquée dans le classement des clients du Gabon, devenant le premier partenaire africain du pays en matière d’exportations. Selon les données de la Direction générale de l’économie et de la prospective financières (DGEPF) et de la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI), citées par Directinfosgabon, les achats égyptiens ont progressé de plus de 117 000% en glissement annuel. On explique toutefois cette hausse spectaculaire par un effet de base, à savoir que les échanges avec Le Caire étaient quasi nuls un an plus tôt.

Plus significatif, le poids de l’Égypte dans les exportations gabonaises atteint 4,6% sur les trois premiers mois de 2026. Cette performance place Le Caire «de loin, le premier partenaire africain à l’export», devant l’ensemble de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui ne représente que 1,0% des ventes du Gabon à l’étranger. L’Égypte apparaît ainsi comme une destination africaine désormais visible dans la structure des exportations nationales, même si son poids reste très inférieur à celui des principaux marchés internationaux du Gabon.

Effet ponctuel d’un ou plusieurs contrats isolés ?

À l’échelle du continent, la marge de progression demeure considérable. L’Afrique n’absorbe que 7,1% des exportations gabonaises, contre 71,0% pour l’Asie, portée notamment par la Chine, l’Inde et l’Indonésie. Cette configuration confirme la forte orientation extérieure de l’économie gabonaise et la faiblesse persistante des échanges intra-africains. La percée égyptienne ne saurait donc, à ce stade, être interprétée comme un véritable rééquilibrage géographique des débouchés. Elle pourrait davantage résulter de «l’effet ponctuel d’un ou plusieurs contrats isolés», dont la nature n’est pas précisée par les données de conjoncture.

L’enjeu pour le Gabon sera désormais de transformer cette progression statistique en relation commerciale durable. La consolidation des flux vers l’Égypte permettrait de donner davantage de substance à la stratégie de diversification des marchés africains, au-delà des partenaires traditionnels d’Asie et d’Europe. La principale interrogation reste donc celle de la pérennité de ce nouveau débouché, notamment de savoir si les échanges se maintiendront dans les prochains trimestres et si la performance égyptienne pourrait constituer un signal d’ouverture du Gabon vers de nouveaux marchés africains. Dans le cas contraire, elle restera essentiellement «Un pic isolé appelé à retomber au trimestre suivant».

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