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Société

Déchets à Libreville : après le rappel à l’ordre d’Oligui Nguema, le maire brandit les sanctions pénales contre les inciviques

Par Tokyo Yabangoye
· mis à jour le 28 octobre à 0h24 · 3 min de lecture

Déchets à Libreville : après le rappel à l’ordre d’Oligui Nguema, le maire brandit les sanctions pénales contre les inciviques
© GabonReview

 

La mairie de Libreville hausse le ton face aux dépôts anarchiques d’ordures. Dans un communiqué daté du 13 août 2026, le maire Eugène M’ba rappelle les règles de gestion des déchets ménagers et annonce des sanctions pénales contre les contrevenants. Cette mise en demeure intervient quelques jours après une visite du président de la République dans plusieurs arrondissements de la capitale, au cours de laquelle les autorités municipales ont été interpellées sur l’insalubrité, notamment dans le sixième arrondissement, à Nzeng-Ayong.

© GabonReview

 

La lutte contre l’insalubrité change de ton à Libreville. Après les rappels à l’ordre, la mairie entend désormais passer à la répression. Dans un communiqué rendu public le 13 août, le maire Eugène M’ba met en demeure les populations de respecter les règles encadrant la gestion et le dépôt des ordures ménagères, sous peine de sanctions pénales.

Cette sortie intervient dans un contexte particulier. Quelques jours auparavant, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, effectuait une visite de terrain dans plusieurs arrondissements de Libreville. Au cours de cette tournée, la question de l’insalubrité a notamment été soulevée auprès des maires, avec une attention particulière portée au sixième arrondissement, à Nzeng-Ayong.

La mairie brandit les sanctions

Le communiqué municipal ne laisse guère de place à l’ambiguïté. La mairie rappelle que les règles fixées par l’arrêté n°0461/PE/CL/SG/DCAJC du 28 septembre 2022 imposent notamment que les ordures ménagères soient « impérativement conditionnées dans les sacs poubelles fermés ».

Autre exigence : les déchets doivent être déposés directement dans les camions de collecte au passage des équipes de ramassage, entre 18 heures et 21 heures.

Pour la municipalité, le non-respect de ces dispositions expose désormais les contrevenants à des conséquences judiciaires. « Tout contrevenant aux règles définies ci-dessus s’expose aux sanctions pénales prévues par les textes en vigueur », avertit le maire dans son communiqué.

Une formulation qui marque un durcissement du discours municipal. La mairie ne se limite plus à rappeler les bonnes pratiques : elle entend faire appliquer les dispositions existantes et sanctionner les comportements jugés contraires aux règles d’hygiène et de salubrité.

Une brigade municipale pour traquer les infractions

Pour accompagner cette nouvelle orientation, la mairie annonce la constitution d’une Brigade municipale chargée de « réprimer les infractions relatives à la gestion et au dépôt des déchets ménagers ».

Cette structure devrait ainsi être appelée à constater les manquements et à contribuer à l’application des mesures annoncées par la municipalité.

La mairie rappelle également que les déchets commerciaux, industriels et biomédicaux ne relèvent pas du dispositif ordinaire de collecte des ordures ménagères. Ils doivent, précise-t-elle, être pris en charge par des prestataires agréés.

L’interpellation présidentielle en toile de fond

Cette mise en demeure intervient alors que la question de la propreté de Libreville semble désormais faire l’objet d’une attention accrue au plus haut niveau de l’État.

Lors de sa récente visite dans plusieurs quartiers de la capitale, le président de la République a pu constater certaines difficultés liées à l’état de la ville. Les responsables municipaux ont notamment été interpellés sur la persistance de l’insalubrité dans plusieurs zones, dont Nzeng-Ayong, dans le sixième arrondissement.

La sortie du maire Eugène M’ba apparaît ainsi comme une réponse à cette pression croissante pour améliorer durablement le cadre de vie dans la capitale.

« L’hygiène et la propreté de la Ville sont l’affaire de tous »

Dans son communiqué, la mairie entend également responsabiliser les habitants. « Les populations sont tenues de se conformer aux règles de gestion et de dépôt des ordures ménagères », rappelle-t-elle, invoquant la nécessité de préserver « la salubrité et la propreté de la Ville ».

La municipalité conclut son message par un appel à la responsabilité collective : « L’hygiène et la propreté de la Ville sont l’affaire de tous. »

Reste désormais à savoir si la menace de sanctions pénales et la mise en place de la Brigade municipale permettront de modifier durablement les comportements. Car au-delà des opérations ponctuelles de nettoyage, la bataille pour une Libreville propre se joue désormais aussi sur le terrain de la discipline et de l’application effective des règles.

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