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Politique

Contrôle de l’action gouvernementale : l’Assemblée nationale va reprendre ses tournées des chantiers publics

Par Désiré-Clitandre Dzonteu
· mis à jour le 28 octobre à 0h16 · 4 min de lecture

Contrôle de l’action gouvernementale : l’Assemblée nationale va reprendre ses tournées des chantiers publics
Cette démarche de l’Assemblée doit permettre aux députés de dépasser l’examen des textes et des crédits pour vérifier, directement sur le terrain, la traduction réelle des décisions publiques. © D.R.

 

À l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale, le 1er septembre dernier, le président de céans, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a annoncé la reprise des tournées d’inspection des chantiers publics sur l’ensemble du territoire. Cette initiative, présentée comme un «devoir» constitutionnel de contrôle, vise à vérifier, sur place, l’avancement réel des travaux financés par le budget de l’État et à s’assurer que les promesses faites aux populations se traduisent par des réalisations concrètes. Une démarche s’effectuant en ce moment où on évoque des milliards de francs CFA de deniers publics détournés. 

Cette démarche de l’Assemblée doit permettre aux députés de dépasser l’examen des textes et des crédits pour vérifier, directement sur le terrain, la traduction réelle des décisions publiques. © D.R.

 

L’Assemblée nationale entend renforcer son contrôle de l’action gouvernementale en renouant prochainement avec les tournées parlementaires à travers le pays. L’annonce a été faite le 1er septembre dernier par son président, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, à l’ouverture de la deuxième session ordinaire, dite session budgétaire.

Pour le président de Chambre, cette démarche doit permettre aux députés de dépasser l’examen des textes et des crédits pour vérifier, directement sur le terrain, la traduction réelle des décisions publiques. «Il nous revient, honorables députés, mes chers collègues, d’aller sur la réalité du terrain constater par nous-mêmes l’effectivité des travaux engagés et leur niveau d’exécution», avait-il déclaré.

Le vote du budget ne saurait être assimilé à un blanc-seing accordé à l’Exécutif 

Cette reprise s’inscrit dans une conception exigeante du rôle du Parlement, particulièrement au moment où s’ouvre l’examen du projet de loi de finances 2027, première loi de finances de la quatorzième législature. Et aussi au moment où la Cour des comptes évoque le détournement de plusieurs milliers de francs CFA de deniers publics dans le cadre des travaux publics. 

Dans ce contexte, Michel Régis Onanga M. Ndiaye a ainsi rappelé que le vote du budget ne saurait être assimilé à un blanc-seing accordé à l’Exécutif. «Voter le budget, ce n’est pas donner un blanc-seing, mais confier une mission. Le Parlement a donc le devoir d’en contrôler l’exécution», avait-il martelé. Cette exigence implique, selon lui, de s’assurer que les ressources publiques sont utilisées conformément aux objectifs annoncés, avec efficacité, célérité, qualité et transparence. Elle fait également écho à l’injonction du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, rappelée dans son discours du 16 août, à savoir que «l’État doit contrôler les délais, exiger la qualité et demander des comptes».

Confronter les engagements publics à leur réalisation effective

L’annonce prend également tout son sens au regard des attentes recueillies par les députés durant l’intersession parlementaire, période que le président de l’Assemblée nationale a tenu à distinguer des vacances parlementaires. Les élus, en regagnant leurs circonscriptions, ont rencontré des populations qui réclament davantage de routes, de centres de santé équipés, d’écoles aux normes, d’eau potable, d’électricité, de logements et d’infrastructures sportives et culturelles.

Ces doléances, a-t-il assuré, «ne resteront pas sans suite» et seront portées devant le Gouvernement par les mécanismes constitutionnels et parlementaires. Les futures tournées devront donc servir à confronter les engagements publics à leur réalisation effective, mais aussi à apprécier l’entretien et la pérennisation des ouvrages déjà livrés.

En plus du suivi des chantiers, cette démarche explique la volonté de Michel Régis Onanga M. Ndiaye de faire du contrôle et de l’évaluation des politiques publiques des outils indéniables de la représentation nationale. Le président de l’Assemblée avait de ce fait rappelé que «le Gouvernement gouverne. Le Parlement légifère, consent l’impôt, contrôle l’action gouvernementale et évalue les politiques publiques».

Dans un pays engagé dans une vaste dynamique d’infrastructures et de réformes, les députés sont ainsi appelés à vérifier que la transformation annoncée bénéficie effectivement aux populations sur l’ensemble du territoire. La reprise des tournées parlementaires apparaît, dès lors, comme un instrument de proximité, de reddition des comptes et de vigilance sur l’utilisation des deniers publics.

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