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Politique

Ceux qui déclinent l’invitation d’Ali Bongo

Par Désiré-Clitandre Dzonteu
· 4 min de lecture

Invités à prendre part à la concertation politique que le président de la république, Ali Bongo Ondimba, a engagée en vue de mieux préparer le dossier de l’intégration sous régionale, notamment dans le cadre de la présidence gabonaise de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), certains partis de l’opposition ont décliné l’offre et brandissent des arguments pour rejeter cette invitation.

Alors que ces consultations des formations politiques gabonaises légalement reconnues a commencé mercredi 14 novembre à la présidence de la République, on a vite fait de remarquer, au regard de la liste qui avait été communiquée à la presse, l’absence de certains convives à cette rencontre. Les plus remarqués, puisque connus pour avoir occupé de hautes responsabilités dans le pays, sont Jules Aristides Bourdes Ogouliguendé, Pierre André Kombila, Pierre Claver Maganga Moussavou, mais aussi Louis Gaston Mayila, entre autres.
Pour ce qui concerne Me Louis Gaston Mayila, son parti, l’Union pour la Nouvelle République (UNPR), a été représenté par l’un de ses hauts responsables, Narcisse Massala Tsmaba. Il a expliqué l’absence du président de l’UNPR par un déplacement à l’extérieur du pays. Cependant, il a tenu à marquer leur adhésion à cette initiative du chef de l’État.
Ceux qui constituent le front du refus opposent à l’invite du président des arguments qui lui ont été transmis par une lettre, datée du 13 novembre 2012. En accusant réception de la lettre du président de la République, les invitant à assister à ce rendez-vous afin d’apporter leurs contributions à la vision du Gabon dans le cadre de l’intégration sous régionale, cette dizaine de formations de l’opposition réplique : «Vous avez, Monsieur le président de la République, opposé un refus catégorique à la tenue de ces assises (Conférence nationale souveraine (Ndlr)) qui vous auraient permis d’échanger avec vos concitoyens sur des questions politiques, économiques, sociales et culturelles intrinsèques à notre pays, dont l’absence de réponses fait obstacle à son développement harmonieux.»
Dans cette lettre, cosignée respectivement par Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé (CDJ), Charles Ondo Ndong (CCDG), Augustin Ibili (EPI), Mvey Eya (Morena-Unioniste), Pierre Mpiga (PND), Daniel Yeno (PGP), Pierre-Claver Maganga Moussavou (PSD), Pierre André Kombila (RNB), David Mbadinga (UPG) et Jean Marcel Malola ( URDP), ils indiquent constater «sans doute par simple coïncidence» que «c’est à la veille d’échéances électorales que vous organisez des concertations, non sur des problèmes y relatives, mais sur des questions bilatérales voire sous-régionales (île Mbanié et Cemac), relevant exclusivement de l’Exécutif».
Ces personnalités de l’opposition gabonaise estiment que le respect et l’application des mesures prises par ceux qui ont géré ces dossiers par le passé est plus qu’impérieux. «Pour ce qui concerne les mesures d’intégrations dans la sous-région Cemac, leur respect et application prévus par ceux qui vous ont précédé sont plus qu’impérieux pour son développement et partant celui du Gabon».
«Aussi, ne voyant plus l’intérêt d’une concertation sur un agenda ne devant plus soulever de débat, mais qui aurait dû être précédé d’une mise en ordre intérieure, nous ne saurions, Monsieur le Président de la République, répondre favorablement à votre invitation tout en restant disponibles pour prendre part à la Conférence Nationale Souveraine», ont-il décliné pour réfuter l’invitation.
Toute chose qui a fait que ces personnes n’ont pas fait le déplacement de la présidence de la République dès le début des consultations.
Relevons qu’il s’est agi, pour Ali Bongo Ondimba, d’entretenir la classe politique gabonaise sur le mandat du Gabon à la présidence en exercice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Une opportunité qui lui a permis de réfléchir avec ces citoyens sur la nécessité d’un passeport Cemac biométrique, la libre circulation des biens et des personnes ainsi que sur la nécessité de la mise en service de la compagnie aérienne Air Cemac. Des entretiens séparés se sont déroulés avec les leaders des partis représentés.
Le groupe du refus réclame, depuis plusieurs mois, la tenue d’une conférence nationale souveraine, initiative rejetée pour le pouvoir en place. Elle permettrait de repartir sur un nouvel élan en apportant des solutions à la crise politique qu’ils estiment que le Gabon traverse.

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