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Culture

«Blackface» : la danseuse ukrainienne Slava au cœur d’une controverse au Gabon

Par La Rédaction
· mis à jour le 28 octobre à 0h20 · 2 min de lecture

«Blackface» : la danseuse ukrainienne Slava au cœur d’une controverse au Gabon
Une photo de la danseuse et un membre de Optimum Crew. © Facebook

Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a déclenché une polémique autour du «blackface», après l’apparition de la danseuse ukrainienne Slava, le visage peint en noir, lors d’un tournage avec le groupe gabonais Optimum Crew. Face aux réactions, le collectif a expliqué la portée artistique de ce maquillage, tout en reconnaissant ne pas avoir mesuré sa portée symbolique.

Une photo de la danseuse et un membre de Optimum Crew. © Facebook

Connue pour son intérêt pour la culture gabonaise, notamment à travers des vidéos consacrées à plusieurs artistes locaux, dont Le Secoussé, l’influenceuse et danseuse ukrainienne, Slava sur TikTok, s’est récemment illustrée dans une collaboration avec un groupe de danseurs gabonais habitué à se produire avec le visage recouvert de charbon noir.

Lors de cette prestation, la jeune Ukrainienne a reproduit le même code artistique que les membres du groupe. Une séquence qui n’a pas tardé à faire réagir sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes ont dénoncé ce qu’ils assimilent à du «blackface», une pratique historiquement associée à la représentation caricaturale des personnes noires par des personnes blanches.

La controverse a rapidement dépassé le cadre de la prestation artistique. Entre indignation, incompréhension et défense du geste posé par la danseuse, les commentaires ont alimenté un débat encore relativement peu présent dans l’espace public gabonais : celui de la frontière entre expression artistique, appropriation culturelle et représentation raciale.

Une simple reprise du geste, d’après Optimum Crew

Face à la polémique, le groupe gabonais Optimum Crew a choisi de s’expliquer dans un communiqué. Les danseurs rappellent que le charbon noir constitue un élément de leur identité artistique. «Notre identité artistique est marquée par le charbon noir sur le visage», expliquent-ils, précisant qu’il représente pour eux «un symbole de force, d’unité et de différence» dans leur pratique de la danse afro-urbaine.

Selon le groupe, le geste de Slava était avant tout motivé par son admiration pour leur travail. Les artistes reconnaissent toutefois ne pas avoir mesuré la portée symbolique de cette pratique dans d’autres contextes culturels. «Nous ignorions à ce moment l’impact que cela pouvait avoir et l’histoire liée au blackface», reconnaissent-ils. Une prise de conscience qui les conduit à présenter leurs excuses aux personnes ayant pu être offensées par la séquence.

Le groupe assure également vouloir tirer les enseignements de cette controverse. «Jeunes et passionnés, nous sommes encore en apprentissage», indiquent les danseurs, promettant de se montrer davantage attentifs et de faire évoluer leur pratique «dans le respect de tous».

Une polémique qui met en lumière la nécessité de mieux comprendre les symboles et les pratiques lorsqu’ils franchissent les frontières culturelles. Au Gabon, elle aura surtout ouvert un débat sur la manière dont certaines expressions artistiques peuvent être perçues.

Thécia Nyomba 

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