Bientôt une Cour spéciale pour les crimes économiques
Dans le souci d’établir un État de droit et de permettre aux présumés coupables de crimes économiques d’établir leur innocence par rapport aux faits qui les accablent dans près de 92 dossiers, le gouvernement prendra dans les semaines qui suivent, un décret pour convoquer l’ouverture d’une Cour spéciale pour les crimes économiques.
Selon une annonce faite par le porte-parole de la présidence de la République, Alain Claude Billié Bi Nzé, le 10 août dernier lors de sa traditionnelle conférence de presse, une juridiction spéciale pour juger les crimes économiques au Gabon sera bientôt mise en place.
Faisant suite aux instructions du président Ali Bongo Ondimba, pour convocation de cette instance afin d’entendre ceux des compatriotes suspectés de malversations financières et d’enrichissement illicite, cette juridiction d’exception sera mise en place après la prochaine rentrée judiciaire et le Conseil supérieur de la magistrature.
C’est au total 92 dossiers impliqués dans les détournements, la corruption en souffrance sur la table de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI) qui seront passés au peigne fin à la Cour criminelle spéciale prévue pour la circonstance.
Le nombre d’affaires en attente de jugement montre que l’institution monte en puissance et compte bien faire mentir ceux qui la prennent pour un faire-valoir du pouvoir. Cependant, les Gabonais se demandent jusqu’où elle peut aller. Car, on sait d’emblée que dans chaque dossier figure des personnalités qu’on qualifie de « longs bras » ou « d’intouchables ».
Créé en 1970, la Cour criminelle spéciale, chargée de juger les détournements de deniers publics, a été réactivée en 2009. Il ne s’agit cependant pas d’une structure permanente. Elle est convoquée par un décret spécial et ses juges ne peuvent siéger que durant deux ans. La CNLCEI attend donc que soit à nouveau mise en place cette juridiction, seule habilitée à trancher sur les dossiers qu’elle a bouclés.




