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Société

Affaire Bilie-By-Nze : il est maintenu dans «une cellule aveugle», «il ne va pas bien»,  alerte Me Thierry Nguia

Par Désiré-Clitandre Dzonteu
· mis à jour le 28 octobre à 1h36 · 3 min de lecture

Affaire Bilie-By-Nze : il est maintenu dans «une cellule aveugle», «il ne va pas bien»,  alerte Me Thierry Nguia
Me Thierry Nguia, membre du collège d’avocats défendant les droits de l’ex-Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze. © GabonReview

 

Depuis 52 jours, l’ancien Premier ministre et président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze, est détenu à la Maison d’arrêt de Libreville dans des conditions que l’un de ses conseils, Me Thierry Nguia, a décrites comme particulièrement éprouvantes. L’avocat qui s’est exprimé, ce vendredi 5 juin, à Libreville, évoque un homme «très courageux», doté d’«un moral d’acier», mais dont l’état général suscite une inquiétude croissante. «Il ne va pas bien», il est maintenu dans «une cellule aveugle», a-t-il alerté, en raison notamment de ses conditions de détention, jugées incompatibles avec le respect des droits fondamentaux des détenus et conventions signées par le Gabon.

Me Thierry Nguia, membre du collège d’avocats défendant les droits de l’ex-Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze. © GabonReview

 

L’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, est détenu depuis 52 jours à la prison centrale de Libreville. Ceci, dans des conditions difficiles, affirme son avocat, Me Thierry Nguia, qui était face à la presse, ce vendredi 5 juin, à Libreville. Bien qu’il fasse preuve de courage et de résistance morale, le Conseil assure que son état de santé suscite une inquiétude croissante. Dès lors, il a dénoncé des conditions de détention contraires aux droits fondamentaux et aux engagements internationaux du Gabon.

Maintenu dans «une cellule aveugle», sans repère

Lors de son intervention, Me Nguia a évoqué l’environnement carcéral dans lequel se trouve l’ancien chef du gouvernement et actuel président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG). Selon l’avocat, il est maintenu dans «une cellule aveugle», sans repère. «C’est-à-dire qu’il ne sait pas quand il fait jour ou quand il fait nuit», a-t-il expliqué, faisant savoir que cette situation entraîne «une sédentarisation totale», susceptible «d’affecter la santé, autant physique que mentale». 

L’avocat a rappelé, avec insistance, que «les prisonniers ont des droits», relevant que même en détention provisoire, «il a le droit de pouvoir bénéficier d’une promenade» et «de pratiquer un peu de sport». Autant de choses qui, selon lui, ne seraient pas respectées, alors même que «notre pays s’y est engagé» à travers les conventions internationales.

«52 jours plus tard, il n’a pas été entendu»

Au-delà des conditions de détention, la procédure elle-même est vivement contestée. Me Thierry Nguia a dénoncé une situation judiciaire qu’il juge incompréhensible. «Ça fait 52 jours que notre client est là-bas. Il n’a pas été entendu», a-t-il affirmé. Il s’est interrogé sur les fondements mêmes de l’affaire, évoquant une procédure reposant sur «5 millions de francs CFA» et relative à «une affaire prescrite». «On ne peut pas prendre quelqu’un, le placer sous mandat de dépôt, et puis 52 jours plus tard, il n’a pas été entendu. Quel est le mobile ? Quel est le vrai motif ?», a-t-il questionné, estimant que «ce n’est pas sérieux». 

La défense rappelle que cette détention s’inscrit dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés d’abus de confiance et d’escroquerie remontant à 2008. Faits que les avocats jugent aujourd’hui prescrits et juridiquement fragiles. Dans le même temps, le 3 juin, la Cour d’appel de Libreville a rejeté la demande de nullité introduite par les conseils de l’ancien Premier ministre, prolongeant de fait son incarcération. Face à cette situation, Me Nguia appelle à «un retour à la sérénité», estimant que «personne ne va perdre la face» à rétablir une procédure conforme au droit. «Il tient, c’est vrai. Mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps», a-t-il prévenu, insistant sur l’urgence de «remettre les choses à leur place» dans le respect des principes du droit pénal.

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