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Société

Accusé d’enrichissement irrégulier, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi saisit la justice contre «Kamitatou»

Par Désiré-Clitandre Dzonteu
· mis à jour le 28 octobre à 0h28 · 3 min de lecture

Accusé d’enrichissement irrégulier, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi saisit la justice contre «Kamitatou»
«Monsieur Jean Gaspard Ntoutoume Ayi entend, par cette action, faire valoir ses droits dans le strict respect des voies légales et judiciaires» (Illustration IA). © GabonReview

 

Estimant que les accusations portées publiquement contre lui portent gravement atteinte à son honneur, le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a engagé une procédure pour diffamation publique contre l’activiste Pierre-Wilfried Okoumba, dit « Kamitatou ». La plainte, déposée auprès du procureur de la République, fait suite aux déclarations tenues le 26 juillet dernier lors d’une émission sur Gabon 1ère au cours de laquelle l’ancien directeur général de la Dette a été présenté comme s’étant enrichi irrégulièrement durant son passage à la tête de cette administration.

«Monsieur Jean Gaspard Ntoutoume Ayi entend, par cette action, faire valoir ses droits dans le strict respect des voies légales et judiciaires» (Illustration IA). © GabonReview

 

Le Cabinet-conseil de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a annoncé, dans un communiqué daté du 28 juillet, le dépôt d’une plainte pour diffamation publique devant le procureur de la République, à la suite des propos tenus deux jours plus tôt par Pierre-Wilfried Okoumba dit «Kamitatou». Le texte vise des déclarations jugées attentatoires à l’honneur de l’intéressé, député de la Nation et directeur général de la Dette d’octobre 2023 à octobre 2025. Ce, après que l’activiste a laissé entendre qu’il se serait livré à des faits «d’enrichissement irrégulier» dans l’exercice de ses fonctions publiques. Le cabinet estime que ces imputations, largement diffusées, relèvent d’une procédure judiciaire pour diffamation publique, «conformément aux dispositions du Code pénal».

Atteinte à l’honneur et à la considération de l’intéressé

Le communiqué souligne en effet que les déclarations incriminées comportaient des «imputations et insinuations visant de manière identifiable Monsieur Ntoutoume Ayi, en laissant entendre qu’il se serait livré à des faits d’enrichissement irrégulier à l’occasion de ses fonctions publiques». Selon le document, ces propos, «diffusés sur un média à large audience, sont de nature à porter atteinte à l’honneur et à la considération de l’intéressé. Ils justifient, en conséquence, l’engagement d’une procédure judiciaire pour diffamation publique, conformément aux dispositions du Code pénal». En choisissant de saisir la justice, le député entend obtenir qu’une autorité compétente apprécie la réalité des accusations formulées à son encontre.

Les avocats de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi replacent cette démarche dans un contexte marqué par une forte médiatisation des débats sur la gestion des affaires publiques. Ils estiment que cette exposition renforce la nécessité d’un examen judiciaire des faits allégués.

Le communiqué ajoute que, «dans un souci de clarté, de transparence et de reddition des comptes, cette démarche vise également à permettre que toute allégation de cette nature soit soumise à l’appréciation de l’autorité judiciaire, seule compétente pour en vérifier le bien-fondé». Le texte conclut en rappelant que «Monsieur Jean Gaspard Ntoutoume Ayi entend, par cette action, faire valoir ses droits dans le strict respect des voies légales et judiciaires».

Retour au Gabon très commenté, après près de treize années passées en France

Cette procédure intervient quelques jours seulement après le retour, très commenté, de Pierre-Wilfried Okoumba au Gabon, après près de treize années passées en France. À son arrivée à Libreville, l’activiste avait expliqué que sa décision était motivée par des considérations familiales, notamment l’état de santé de sa mère, tout en saluant «le sens de l’ouverture» du président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Connu pour ses prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, il avait également adopté un ton plus conciliant, reconnaissant avoir parfois dépassé les limites de ses interventions. «Lorsqu’on est derrière son téléphone Android, on est souvent excessif», avait-il déclaré, avant de renchérir : «je voudrais demander pardon à ceux-là, parce que j’étais dans l’euphorie du combat». 

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