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Économie

Transport aérien : sujet à plusieurs manquements, le Gabon peut-il éviter le «blacklistage» en 2027 ?

Par Tokyo Yabangoye
· mis à jour le 28 octobre à 0h14 · 3 min de lecture

Transport aérien : sujet à plusieurs manquements, le Gabon peut-il éviter le «blacklistage» en 2027 ?
Selon le VPG, le Gabon court un risque de «blacklistage» dès 2027 à cause des nombreux manquements de sont secteur aérien. © D.R.

 

Réunis le 14 septembre à Libreville sous la coordination du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, les acteurs du secteur aérien ont passé en revue les faiblesses qui plombent encore le transport aérien gabonais. Infrastructures déficientes, sûreté fragilisée, modèle de redevances contesté, fiscalité pénalisante et insuffisante conformité aux normes internationales : le gouvernement veut désormais engager des réformes pour éviter, selon le VPG, un risque de «blacklistage» du pays dès 2027.

Selon le VPG, le Gabon court un risque de «blacklistage» dès 2027 à cause des nombreux manquements de sont secteur aérien. © D.R.

 

Le gouvernement entend reprendre en main le secteur aérien. Réunis en comité interministériel sectoriel, lundi 14 septembre à Libreville, les différents acteurs concernés ont examiné les principaux obstacles à la performance du transport aérien gabonais. Une revue qui intervient alors que plusieurs insuffisances techniques, financières et organisationnelles continuent de peser sur le secteur.

En plantant le décor, Hermann Immongault n’a pas éludé les difficultés. «Les problématiques du secteur aérien sont connues», a-t-il déclaré, avant d’énumérer une série de manquements susceptibles de compromettre les ambitions du pays.

Des infrastructures et une sûreté aérienne encore fragiles

Parmi les principales faiblesses relevées figurent d’abord les «déficits techniques» des infrastructures aéroportuaires. À cela s’ajoutent des mécanismes de sûreté aérienne fragilisés par des insuffisances techniques, financières et organisationnelles.

Le vice-président du gouvernement a également pointé les difficultés liées à la gouvernance économique du secteur. Celle-ci souffrirait notamment d’un «modèle de redevances contesté», d’un défaut de réinvestissement et d’une fiscalité jugée pénalisante pour les opérateurs.

Autre sujet de préoccupation : la conformité aux normes internationales. Sur ce point, Hermann Immongault a lancé une mise en garde particulièrement forte. Certaines insuffisances pourraient, selon lui, «exposer le pays à un risque de blacklistage en 2027».

À cette liste s’ajoutent une «structuration des responsabilités» encore confuse ainsi que les difficultés à relancer le réseau domestique. Le désenclavement des provinces demeure en effet entravé par des contraintes financières et opérationnelles.

L’enjeu dépasse donc la seule qualité du transport aérien. La sécurité des opérations, la conformité aux standards internationaux, mais aussi la compétitivité de la plateforme aéroportuaire et la desserte de l’intérieur du pays sont directement concernés.

Une feuille de route attendue pour relancer le secteur

Face à ce constat, la réunion interministérielle devait surtout permettre d’esquisser des réponses concrètes. La séance de travail, à laquelle a notamment pris part le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, doit déboucher sur une feuille de route soumise à la validation du gouvernement.

Pour Igor Nyambie Simard, directeur général de GSEZ Airport, l’objectif est de rendre la plateforme plus compétitive dans l’ensemble de ses composantes. «Une feuille de route doit être préparée pour validation par le gouvernement», a-t-il indiqué à la presse. Cette feuille de route devra notamment porter sur «l’aspect infrastructurel», le fret aérien, le fonctionnement de la plateforme, ainsi que la prise en charge des différentes agences et des autres composantes de l’écosystème aéroportuaire.

À travers cette démarche, l’exécutif cherche ainsi à poser les bases d’une remise à niveau d’un secteur stratégique pour la mobilité des populations, l’activité économique et l’attractivité du Gabon. Mais l’échéance de 2027 évoquée par Hermann Immongault donne une dimension particulière à cette entreprise : au-delà de l’amélioration des services, c’est la capacité du Gabon à se conformer durablement aux exigences internationales qui se trouve désormais posée.

Le gouvernement devra donc transformer rapidement le diagnostic établi en mesures opérationnelles. Car, derrière les déficits d’infrastructures, les faiblesses de sûreté ou les contraintes économiques, se joue également la crédibilité du Gabon comme plateforme aérienne régionale.

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