Gabon : 30,5 % de chômage chez les jeunes, la Banque mondiale appelle à investir dans les compétences
La Banque mondiale a lancé, le 27 octobre, à Libreville, la Note de conjoncture économique du Gabon 2026, présentée par son Représentant résident, Sylvain Kakou, en présence du ministre délégué à l’Économie, Marc Abeghe, des ministres de la Planification et de l’Enseignement supérieur, Louise Pierrette Mvono, et Charles Edgard Mombo. Cette publication annuelle analyse les perspectives économiques et propose des réformes pour stimuler l’emploi, la croissance et la viabilité des finances publiques, en cohérence avec le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Dans ce document, on note 30,5 % de chômage chez les jeunes et la Banque mondiale appelle à investir dans les compétences.
Les membres du gouvernement et les responsables de la Banque mondiale immortalisés à l’issue de la présentation de la Note. © GabonReview
La Note de conjoncture économique du Gabon 2026, sous-titrée «Investir dans l’éducation et les compétences pour créer davantage d’emplois de meilleure qualité pour une croissance plus inclusive», a été lancée ce mardi 27 octobre, à Libreville, par la Banque mondiale. Présentée par Sylvain Kakou, Représentant résident du Groupe Banque mondiale, en présence de Marc Abeghe, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, de Louise Pierrette Mvono, ministre de la Planification et de la Prospective, et de Charles Edgard Mombo, ministre de l’Enseignement supérieur, la publication entend éclairer les choix stratégiques du Gabon à l’entrée en vigueur du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.
Décalage entre la formation, les besoins du marché du travail et la création d’emplois
Le diagnostic souligne le décalage entre croissance et amélioration des conditions de vie des populations. En 2025, le PIB réel a ralenti à 3,2 %, contre 3,4 % en 2024, tandis que le PIB réel par habitant n’a augmenté que de 1,1 %. La production pétrolière a reculé de 2,9 %, alors que le pétrole représente près de 60 % des exportations gabonaises et que la Chine en absorbe 40 %. Malgré le recul de la pauvreté, de 33,4 % en 2017 à 28,7 % en 2024, environ 729 000 personnes vivaient encore sous le seuil national, fixé à 840 400 FCFA par personne et par an. Le chômage atteignait 17,4 % de la population active en 2024 et 30,5 % des jeunes de 15 à 35 ans, tandis que le coefficient de Gini s’établissait à 0,406.
Instantanés du lancement de la Note de conjoncture économique du Gabon 2026, le 27 octobre 2026, à Libreville. © GabonReview
Pour Sylvain Kakou, «la persistance d’un chômage élevé alors même que les entreprises peinent à trouver les compétences dont elles ont le plus besoin révèle un décalage entre la formation, les besoins du marché du travail et la création d’emplois». Le rapport préconise donc de renforcer les apprentissages fondamentaux, l’enseignement technique et la formation professionnelle, tout en rapprochant les cursus des besoins des entreprises. Le bois, le tourisme, la transformation minière, la construction et le numérique figurent parmi les secteurs porteurs, à condition de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée et d’un secteur privé capable d’investir et de recruter.
Parvenir à «une croissance plus forte, plus productive, plus diversifiée et plus créatrice d’emplois bien rémunérés»
Le ministre Marc Abeghe a situé le rapport dans un contexte budgétaire tendu, marqué par le creusement du déficit en 2025, le recul des recettes pétrolières et la baisse des réserves de change. «Chaque franc économisé sur le cours de notre dette est un franc que nous pourrons consacrer à nos écoles, à nos centres de santé et à la formation de notre jeunesse», a-t-il affirmé, précisant que le budget 2027 devra privilégier «la qualité de la dépense autant que son niveau» et l’élargissement de l’espace budgétaire par les recettes plutôt que par la dette. Louise Pierrette Mvono a, quant à elle, rappelé que la Note doit nourrir la mise en œuvre du PNCD. «Nous devons simultanément créer un environnement économique dans lequel les entreprises peuvent investir, se développer et recruter», a-t-elle préconisé, faisant savoir que l’objectif est de parvenir à «une croissance plus forte, plus productive, plus diversifiée et plus créatrice d’emplois bien rémunérés».
Le rapport recommande ainsi une stratégie intégrée associant stabilisation macro-budgétaire, réforme de l’enseignement technique et professionnel, meilleure protection sociale, l’accès à l’eau potable et le développement des secteurs porteurs, tels que le bois, la transformation minière, l’agriculture, la construction, le tourisme et le numérique.




