Naufrage du Prospector 5 : l’ONEP réclame un renforcement des mesures de sécurité
Dans un communiqué, le 27 octobre 2026, l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a réagi au naufrage de la plateforme de forage Prospector 5 de Borr Drilling survenu le 24 octobre dernier sur le permis Dussafu Marin, au large de Mayumba, dans la province de la Nyanga. Objectif : exprimer sa solidarité aux familles des disparus, accompagner les rescapés et prévenir de nouveaux drames dans le secteur pétrolier.
Le siège de l’ONEP, à Port-Gentil. © D.R.
L’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a exprimé sa «profonde compassion aux familles des personnes disparues ainsi qu’aux rescapés» et a réaffirmé sa solidarité envers les partenaires Borr Drilling et BW Energy Gabon. Selon le bilan officiel confirmé par le gouvernement, 110 personnes ont été secourues sur les 115 présentes à bord au moment du naufrage. Cinq travailleurs restent portés disparus, dont trois Gabonais : Robert Moussavou, Adio Akinocho Irchade et Yann Ulrich Nkorouna Ogowé, ainsi que deux ressortissants étrangers, l’Indien Ajit Shivastav Rajendra et le Croate Damir Parac.
Les trois compatriotes disparus sont membres de l’ONEP. L’organisation rappelle qu’ils faisaient auparavant partie des travailleurs employés sous des contrats précaires par l’intermédiaire de sociétés de prestation, avant leur intégration en contrat à durée indéterminée (CDI) chez Borr Drilling en mars 2024, aux côtés d’une centaine de leurs collègues. Cette évolution s’inscrivait dans le cadre de la lutte syndicale pour l’application de la loi 20 relative à la mise à disposition du personnel.
L’ONEP soutient les mesures gouvernementales
Face à cette tragédie, le syndicat insiste sur la primauté de la sécurité des travailleurs. «Aucun impératif économique ou opérationnel ne saurait prévaloir sur la vie, la santé et la sécurité des travailleurs», rappelle-t-il dans son communiqué.
L’organisation salue les mesures annoncées par le ministre du Pétrole et du Gaz, notamment l’activation d’une cellule de crise et l’ouverture d’une enquête technique destinée à déterminer les causes du naufrage et à établir les responsabilités. Toutefois, l’organisation demande que les syndicats représentatifs du secteur soient associés aux travaux de la cellule de crise, conformément au principe de tripartisme défendu par l’Organisation internationale du travail (OIT).
Le syndicat exige également la publication des conclusions de l’enquête, conformément à l’engagement annoncé par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Il plaide, par ailleurs, pour une prise en charge médicale et psychologique des rescapés ainsi que pour la mise en place d’un dispositif d’accompagnement des familles des personnes disparues.
Après Bécuna, l’urgence de renforcer la prévention
Au-delà de la gestion immédiate de la catastrophe, l’ONEP appelle à un réexamen approfondi des dispositifs de prévention et de sécurité sur les installations pétrolières, aussi bien offshore qu’onshore. L’organisation réclame également l’adoption des textes réglementaires prévus par le Code du travail en matière de santé et de sécurité au travail, ainsi que le renforcement des capacités des agents de la Direction générale des hydrocarbures.
Ce nouveau drame ravive le souvenir de l’explosion survenue le 20 mars 2024 sur la plateforme offshore de Bécuna, exploitée par Perenco Oil & Gas Gabon, qui avait coûté la vie à six travailleurs.
À ce sujet, l’ONEP demande au gouvernement de rendre publiques les conclusions de l’enquête administrative et technique diligentée par le ministère du Pétrole, ainsi que celles de l’enquête judiciaire menée par le parquet de Port-Gentil. L’organisation souhaite également connaître les mesures d’accompagnement mises en œuvre au bénéfice des rescapés et des familles des victimes de cette précédente catastrophe.
Pour le secrétaire général de l’ONEP, Sylvain Mayabi Binet, le naufrage du Prospector 5 doit conduire à une prise de conscience collective et à des actions concrètes en faveur de la protection des travailleurs du secteur pétrolier. «La sécurité au travail n’est pas une option. C’est un droit fondamental et une responsabilité collective», conclut-il.
Thécia Nyomba




