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Environnement

Alerte à la pollution dans le Fernan-Vaz

Par David Makoumba Dissumba
· 2 min de lecture

D’abord répandue sous forme de rumeur, la nouvelle selon laquelle une pollution pétrolière se serait produite mardi dans la lagune Fernan Vaz, près de la capitale économique gabonaise, Port-Gentil, se confirme.

Lagune du Fernan-Vaz © extrait du film « Sur les traces de Paul Chaillu »

L’agence France presse (AFP) qui cite le président de l’organisation non gouvernementale, H2O, indique que cette pollution s’est fait sur cette lagune qui est l’un des plus beaux sites naturels du Gabon, et proche des zones de production pétrolière.

«Il y a une nappe de 5 km2 qui dérive dans la lagune (Fernan Vaz) en direction de Port-Gentil (la capitale pétrolière)», a affirmé à l’AFP Henri-Michel Auguste de l’ONG H2O.

Pour l’heure, le pétrolier franco-britannique, Perenco, a mobilisé toutes ses équipes pour enrayer la pollution. «Ils utilisent notamment des dispersants chimiques», a ajouté M. Auguste, toujours cité par l’AFP. Le Gabon a déjà fait valoir lors de précédents accidents qu’il comptait appliquer le principe de pollueur-payeur.

Perenco assure disposer d’un site anti-pollution sur place. La Base Victor est située sur le site onshore de Batanga, directement sur la lagune du Fernan-Vaz. Elle a été créée pour servir comme site de stockage et de déploiement des équipements de protection de la lagune en cas de déversement accidentel des hydrocarbures. Le matériel anti-pollution stocké à la Base Victor est constitué de près d’un kilomètre de barrages flottants gonflables et rigides (permettant la protection des zones sensibles telles que villages, zone de mangroves), d’un «Harbour Buster» (équipement permettant la collecte des huiles en milieu aquatique) et d’un «Boom Bag» (barrage à déploiement rapide capable d’être tracté à 15 nœuds, permettant une prompte intervention). Ces deux équipements sont uniques dans la sous-région. Cette base abrite également cinq skimmers de récupération des huiles pouvant s’adapter aux différents types d’huiles.

Cette marée noire n’est pas le premier accident à l’actif de Perenco. La rupture d’un pipeline sous-marin, en 2008, avait entraîné une catastrophe environnementale dans cette même lagune du Fernan-Vaz, aux alentours du village d’Olende dans le département d’Etimbwe. Cet  important déversement d’hydrocarbure amena des larges superficies de suspension colloïdales à la surface de ce lac intérieur habituellement très poissonneux. Les suspensions colloïdales forment une sorte de film huileux, dans lequel les molécules d’hydrocarbure sont soudées comme par une colle. L’action du courant avait ensuite amené ces suspensions vers la mangrove et les plantes aquatiques situées sur les berges de la lagune.

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