Édition du soir · mercredi 28 octobre

Samedi 7 novembre 2026 · Libreville

Le fil

  1. Valorisation de l’iboga : le plaidoyer de Mapangou trouve un écho auprès d’Ambio Life Science
  2. Potasse de Banio : Millennial vise désormais jusqu’à 1,2 million de tonnes par an dès le démarrage
  3. Naufrage du Prospector 5 : l’ONEP réclame un renforcement des mesures de sécurité
  4. Gabon : 30,5 % de chômage chez les jeunes, la Banque mondiale appelle à investir dans les compétences
  5. JOJ Dakar 2026 : la France et le Gabon mobilisés derrière sept jeunes athlètes gabonais
  6. Diplomatie : Oligui Nguema reçoit les lettres de créance de six ambassadeurs
  7. APJ Gabon : les journalistes judiciaires s’organisent pour gagner en rigueur
  8. Autisme : le Gabon défend l’inclusion scolaire à Cotonou
  9. Entrepreneuriat : l’ANPI-Gabon, facilitateur ou frein à la création d’entreprises ?
  10. Digitalisation : le Gabon lance sa première semaine du numérique 
  11. Gabon : un fichier unique pour mieux suivre les participations de l’État
  12. Collectivités locales : les maires portent leurs doléances au Sénat

Économie

SOS Pétroliers : quand la sous-traitance pétrolière crie «Ça suffit !»

Par Gérald Mounomby
· mis à jour le 28 octobre à 5h49 · 2 min de lecture

SOS Pétroliers : quand la sous-traitance pétrolière crie «Ça suffit !»
Samedi 17 janvier au siège de l’Onep à Port-Gentil : SOS Pétroliers entend redonner vigueur et crédibilité à un combat pour la justice sociale dans un secteur vital mais gangréné par l’opacité. © GabonReview

 

Né samedi à Port-Gentil sur le modèle de SOS Éducation, le collectif SOS Pétroliers entend briser l’omerta d’un secteur accusé d’exploitation systématique. Entre défiance syndicale et convergence tactique avec l’ONEP, ce mouvement de travailleurs précaires pose une équation redoutable au pouvoir.

Samedi 17 janvier au siège de l’Onep à Port-Gentil : SOS Pétroliers entend redonner vigueur et crédibilité à un combat pour la justice sociale dans un secteur vital mais gangréné par l’opacité. © GabonReview

 

Le secteur pétrolier gabonais vient d’enfanter son propre mouvement de contestation. Le samedi 17 janvier 2025, depuis le siège de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) à Port-Gentil, des travailleurs de la sous-traitance ont proclamé la naissance de «SOS Pétroliers», collectif façonné sur le modèle de SOS Éducation. L’objectif affiché transcende la simple revendication salariale : il s’agit de briser l’omerta d’un système accusé de «se sucrer» sur le dos des employés précaires.

Le mimétisme gagnant de la dissidence

Ce mimétisme organisationnel n’est pas fortuit. SOS Éducation, inspiré des gilets jaunes français, a démontré qu’un collectif sans leadership formel pouvait mettre l’administration sous pression. Son succès a manifestement fait école auprès de salariés «lassés des syndicats traditionnels, soupçonnés, à tort ou à raison, de collusion ou de corruption», comme le souligne Gabonactu. La défiance envers les structures syndicales classiques nourrit désormais une dissidence sectorielle qui se réclame de l’horizontalité et de l’intransigeance.

«Ça suffit !» : la rhétorique de la rupture

Les griefs sont connus : précarité chronique, non-respect du Code du travail, spoliation orchestrée par les sociétés de mise à disposition. Mais la rhétorique s’est durcie. «Les travailleurs sont épuisés, trahis, baladés par des promesses qui ne voient jamais le jour», martelaient déjà les initiateurs en novembre avant de lancer un «Ça suffit !» retentissant. Ce cri traduit l’épuisement d’une base ouvrière qui estime avoir essuyé trop de fins de non-recevoir.

L’ONEP, bien que n’ayant pas créé formellement le mouvement, s’en pose en appui stratégique. Sa promesse de «bouger» et son ultimatum – «si SOS Pétroliers ne fait rien, personne ne rentre» – révèlent une convergence tactique. Le collectif joue l’aiguillon, le syndicat structuré assure la colonne vertébrale. Ensemble, ils entendent «redonner vigueur et crédibilité» à un combat pour la justice sociale dans un secteur vital mais gangréné par l’opacité.

L’équation est désormais posée : SOS Pétroliers peut-il reproduire la percée de SOS Éducation ? La réponse dépendra autant de la cohésion de la base que de la résistance des intérêts en place.

La lettre de Gabon Review

L'édition du soir, chaque jour à 19 h, dans votre boîte

Les sept articles qui comptent, choisis par la rédaction, avec le chiffre du jour et les derniers appels d'offres.