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Sport

Match Zambie-Gabon : Les Panthères au cœur d’un thriller aberrant

Par Michel Ndong
· 5 min de lecture

Alors qu’elles doivent, en principe, jouer à Lusaka ce mardi 8 septembre 2015, contre les Chipolopolos de Zambie, les Panthères du Gabon ont vécu un thriller causé par l’amateurisme d’un responsable Gabonais, au point de rester à Libreville jusqu’à ce matin. Les incroyables explications glanées sur le marché noir de l’information. Et, au marché noir il n’y a pas que du toc !

© D.R.

 

Les Panthères du Gabon, affrontent, en principe ce mardi 8 septembre, à 18h locale, au stade de Lusaka,  leurs homologues des, en match amical international. Côté Zambien, l’équipe fédérale, dirigée par l’ancien international Kalusha Bwalya, a pris toutes les dispositions pratiques pour réserver un accueil chaleureux à la délégation gabonaise. Selon une source digne de foi, un hôtel 4 étoiles, en plein cœur de Lusaka, a été, à cet effet, réservé aux Gabonais. La partie zambienne se serait même engagée à prendre entièrement en charge 30 personnes sur les 40 que devraient compter la délégation. Les Gabonais étaient donc attendus à l’aéroport international de Lusaka, le lundi 7 septembre, au plus tard par vol spécial.

Au niveau des services de la police de l’Air et des Frontières, tout était fin prêt pour délivrer les visas d’entrées aux Gabonais. Il ne manquait donc plus qu’aux Panthères d’effectuer le déplacement de la capitale zambienne. Jusqu’à dimanche, après la rencontre Gabon-Soudan, personne n’était capable de vous donner l’heure et le jour du départ de la délégation pour Lusaka. «En réalité, personne ne sait désormais qui a en charge l’intendance de l’équipe, même si l’on sait que c’est le COCAN qui gère l’équipe nationale. C’est le bordel total !», a confié un officiel présent à l’aéroport international Léon-Mba ce lundi 7 septembre. Selon la même source, «alors que le match Zambie-Gabon est programmé pour le mardi, personne ne savait à quelle heure la délégation allait embarquer pour Lusaka. Des informations erronées ont été données à certains membres de la délégation comme quoi le voyage était prévu pour lundi à 9h. C’est ainsi que les journalistes de L’Union, de Gabon Matin, de Gabon Télévision et de Radio Gabon se sont retrouvés à l’aéroport à 7h pour effectuer les formalités. Les pauvres ont galéré durant des heures sans informations. C’est seulement quelques heures plus tard qu’un officiel est venu dire aux journalistes de Radio Gabon et Gabon Matin que leurs noms avaient été rayés de la liste faute de moyen. Vous rendez-vous compte ?»

L’agent comptable du COCAN serait le seul responsable de ce fiasco

D’après des sources concordantes, c’est l’agent comptable du ministère des Sports et du COCAN, Pacôme Itsana, par ailleurs très proche de l’ancien DGB, Yves-Fernand Manfoumbi, qui est l’origine de ce fiasco savamment organisé. En effet, alors qu’il n’a reçu aucun mandat pour «démarcher» la compagnie aérienne devant transporter l’équipe, M. Itsana, qui n’a aucune expérience dans le domaine aérien va contacter, seulement le lundi, les responsables de Afric Aviation. Les tractations mettront plusieurs heures avant qu’un avion ne soit affrété pour l’équipe nationale en tout début d’après-midi. Entre temps, joueurs et encadreurs, des heures durant, «galéraient» à l’aéroport dans l’attente de l’embarquement. Apres plusieurs heures de négociations, c’est un «petit bimoteur» de 45 places qui sera trouvé pour transporter l’équipe nationale de football du Gabon en Zambie, à plus de quatre heures de Libreville. Malheureusement les problèmes étaient loin d’être terminés. Vu l’exiguïté de cet aéronef, les joueurs n’ont pas manqué d’exprimer tout leur mécontentement.

«Très sincèrement, je ne comprends pas comment fonctionne le pays. Alors que nous avons fait un grand pas en avant dans le sens de l’organisation depuis la Can-2012, il se trouve encore des gens pour tirer l’équipe vers le bas. Qui peut voyager dans un tel avion ? Pourquoi nous donner un coucou pour aller en Zambie, alors que lors du dernier match amical face au Niger, nous avons voyagé confortablement dans un Boeing 737 ? Pourquoi vouloir à chaque fois torpiller l’équipe après des résultats ? Si cette situation persiste, je préfère, en ce qui me concerne, ne plus honorer la sélection et rester dans mon club», a menacé un joueur des Panthères. Pis, l’avion devant transporter l’équipe nationale n’a pas reçu l’autorisation de survoler l’espace aérien de la RDC, avant de rallier la Zambie. Amateurisme quand tu nous tiens, pourrait-on dire.

Cette situation doit interpeller les dirigeants du pays. Comment confier la gestion de l’équipe fanion à modeste fonctionnaire du Trésor Public ? N’a-t-il pas déjà montré ses limites lors de la désignation du pays hôte de la Can-2017, il y a quelques mois au Caire, lorsqu’il a été arrêté par les douaniers Egyptiens à l’aéroport du Caire en possession de plusieurs millions dont il n’a pu justifier la provenance ? Est-ce encore un hasard si en quelques mois l’intéressé s’est fait construire un hôtel dans la zone d’Alénakery, où ont été logées les équipes féminines nationales de football, lors des différents regroupements ? N’est-ce pas un délit d’initié condamnable sous d’autres cieux ?

Aux dernières nouvelles, cet agent comptable tente depuis quelques heures de négocier avec la compagnie Ceiba de la Guinée Equatoriale pour faire embarquer, ce mardi à 8h, l’équipe du Gabon qui doit en principe jouer le même jour à Lusaka. Mais la compagnie, selon certaines sources, demanderait une centaine de millions pour laisser embarquer la délégation.  Une affaire à suivre… absolument !

 

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