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Sport

Football : Au bon souvenir des chiffres de la Can 2017

Par La Rédaction
· 3 min de lecture

Evalué à 463 milliards de francs CFA, le budget de la compétition a été décrypté par Mays Mouissi. L’analyste économiste s’interroge notamment sur l’opportunité de l’évènement dans le contexte économique actuel.

L’analyste économique, Mays Mouissi, au cours d’une émission télévisée. © mays-mouissi.com

 

Quelques heures après les résultats du tirage au sort de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2017, Mays Mouissi a réactualisé une publication sur les chiffres inhérents à l’organisation de cette compétition. Dans cet article publié en avril dernier, l’analyste économique soutient que 463 milliards francs CFA ont été injectés pour cette compétition.

Les stades de Libreville et Franceville, déjà opérationnels, et ceux de Port-Gentil et d’Oyem, encore en chantier. © D.R.

Soit 63 milliards de francs de plus que l’édition co-organisée en 2012, avec la Guinée équatoriale, qui avait coûté 400 milliards de francs aux contribuables gabonais. «Ainsi en l’espace de 5 ans le Gabon aurait dépensé 863 milliards FCFA pour l’organisation de la compétitions sportives, un montant 3 fois supérieur au budget 2016 de la République centrafricaine (259 milliards FCFA) et représentant plus de 85% du budget national du Togo (1 006 milliards FCFA)», a fait observer Mays Mouissi. Soit des «dépenses particulièrement importantes dans un contexte où les ressources budgétaires de l’Etat sont en baisse, affectées par le recul des prix du pétrole», a-t-il poursuivi.

Concrètement l’enveloppe prévue pour le Gabon, pour l’organisation de la Can 2017, a été répartie entre deux administrations : l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI) avec une cagnotte de 283 milliards de francs CFA, et le Comité d’organisation de la Can (Cocan) à qui a été confiée la gestion de 180 milliards de francs.

Selon Mays Mouissi, les dépenses de la Can 2017 au Gabon ont été réparties en six grandes rubriques disposant chacune d’un budget spécifique plus ou moins important. Notamment les rubriques «Infrastructures» (283 milliards FCFA), «Evénementiel» (143,2 milliards FCFA), «Sécurité» (20 milliards FCFA), «Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences» (8 milliards FCFA), «Prise en charge médicale» (4 milliards FCFA) et «Agence nationale de gestion et d’exploitation des infrastructures sportives et culturelles» (4,9 milliards FCFA).

«En dehors de la rubrique Infrastructures placée sous la tutelle de l’ANGTI, toutes les autres rubriques sont gérées par le Cocan 2017», a précisé Mays Mouissi. S’attardant sur la rubrique infrastructures, l’économiste blogueur s’est étonné que des infrastructures construites à Libreville et à Franceville en 2012, il y a 4 ans à peine, doivent déjà être reconstruites et/ou rénovées.

«Pas moins de 8 milliards FCFA seront consacrés à ces rénovations. Ainsi 2,5 milliards FCFA seront-ils consacrés à la rénovation de l’hôtel Héliconia de Libreville et 1,5 milliard pour la rénovation des hôtels de Franceville», a fait remarquer Mays Mouissi. Dans le même registre, il a également noté qu’il était curieux que 15 milliards de francs aient été prévus «pour la connexion du stade de Franceville au réseau d’eau et d’électricité, ce qui laisse penser que ce site a accueilli les matchs de la CAN 2012 sans être connecté au réseau d’eau et d’électricité».

Présentée comme le deuxième poste de dépense de la Can 2017, la rubrique «Evènementiel» a également eu droit à quelques commentaires. Selon l’analyste, «cette rubrique permet de constater que sur les 143 milliards FCFA qui lui sont consacrés, plus de la moitié est porté au bénéfice de commissions (51 milliards FCFA) et au Haut-commissariat à l’organisation de la Can 2017 (21 milliards FCFA), lequel est directement rattaché à la présidence de la République du Gabon», a expliqué Mays Mouissi.

Des chiffres à donner le tournis, qui ont poussé Mays Mouissi à se demander s’il était opportun pour le Gabon d’organiser cette compétition dans le contexte économique actuel. Bien malin qui répondra à cette question.

 

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