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Économie

Transformation locale du manganèse : les coupures d’électricité ne seront pas un motif valable, prévient Sosthène Nguema

Par Tokyo Yabangoye
· mis à jour le 28 octobre à 2h16 · 3 min de lecture

Transformation locale du manganèse : les coupures d’électricité ne seront pas un motif valable, prévient Sosthène Nguema
Le ministre des Mines. © Com. ministère

 

Au sujet de l’entrée en vigueur de la mesure d’interdiction d’exportation du manganèse brut prévue en 2029, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a déclaré mercredi 11 février 2026, en marge de la conférence Mining Indaba au Cap, en Afrique du Sud, que la question sur la faiblesse énergétique du Gabon, en lien avec ce projet, est un «faux débat». «Nous n’attendons pas que l’énergie soit un motif de non-respect en 2029», prévient-il.

Le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema. © Com. ministère

 

Le gouvernement gabonais maintient fermement le cap sur l’interdiction d’exportation du manganèse brut à l’horizon 2029. En marge de la conférence Mining Indaba, tenue au Cap, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a prévenu que les pénuries d’électricité ne sauraient constituer un argument recevable pour retarder la mise en conformité des opérateurs, rapporte l’agence Reuters.

Deuxième producteur mondial de manganèse, le Gabon a instauré cette politique en 2025 afin d’accélérer la transformation locale et de capter davantage de valeur ajoutée, après des décennies d’exportations de minerai brut. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique continentale plus large, portée par plusieurs États africains désireux de renforcer leur industrialisation.

Si les coupures d’électricité restent fréquentes et pèsent sur les ambitions industrielles, le ministre balaie les inquiétudes du secteur. «L’énergie est un faux débat», a-t-il affirmé. «Certains opérateurs ont déjà prouvé que des procédés permettent de réduire la consommation d’énergie de 40 à 60 %. Nous n’attendons donc pas que l’énergie soit un motif de non-respect en 2029.»

Un calendrier non négociable

En 2024, le Gabon a exporté 9,4 millions de tonnes de manganèse, en recul de 5,3 % sur un an, selon les données officielles. L’essentiel de ces volumes quitte encore le pays à l’état brut. Pour inverser cette tendance, Sosthène Nguema Nguema exige désormais des exploitants des calendriers détaillés de mise en œuvre et des preuves de progrès mesurables vers la transformation locale.

«Nous fournissons le soutien administratif nécessaire aux entreprises, mais la responsabilité de respecter l’échéance leur incombe», a-t-il rappelé, soulignant que 2029 constitue une date butoir «non négociable».

À ce titre, le ministre a également écarté toute indulgence liée aux difficultés internes d’Eramet, actionnaire de la Comilog, opérateur de la plus grande mine de manganèse du monde à Moanda. «Eramet doit se conformer comme tout le monde», a-t-il tranché. De son côté, le groupe français a indiqué que la récente révocation de son directeur général n’affecte ni sa stratégie ni ses opérations au Gabon.

Cap sur l’expansion minière

Au-delà du manganèse, le gouvernement gabonais entend accélérer l’expansion du secteur minier. Le ministre a annoncé l’entrée en production attendue cette année de deux nouvelles mines de fer, Milingui et Baniaka, dans le cadre d’une stratégie de diversification des ressources.

Là encore, le ton se veut ferme. Les entreprises qui ne lanceront pas effectivement la construction ou la production dans les délais impartis s’exposeront à des sanctions sévères. «Ceux qui promettent d’ouvrir des mines en 2026 et n’ont pas tenu parole au 31 décembre seront invités à quitter le pays», a averti Sosthène Nguema Nguema, réaffirmant la volonté des autorités de faire respecter les engagements pris.

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