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Économie

Suspension fiscale : Mapangou salue la mesure mais alerte sur «la roublardise de certains commerçants»

Par Griffin Ondo Nzuey
· mis à jour le 28 octobre à 2h14 · 2 min de lecture

Suspension fiscale : Mapangou salue la mesure mais alerte sur «la roublardise de certains commerçants»
Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, Guy-Bertrand Mapangou. © Com. CESEC

 

À l’ouverture de sa première session ordinaire, le 17 février 2026 à Libreville, le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Guy-Bertrand Mapangou, a salué la suspension de certaines taxes sur les produits de première nécessité au Gabon. L’institution met toutefois en garde : sans surveillance rigoureuse des circuits commerciaux, la mesure risque de ne pas bénéficier aux ménages.

Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, Guy-Bertrand Mapangou. © Com. CESEC

 

Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) appelle le gouvernement à accompagner ses récentes mesures contre la vie chère par un dispositif de contrôle strict des marchés. Lors de la cérémonie de rentrée de l’institution, son président, Guy-Bertrand Mapangou, a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue de l’État face aux pratiques commerciales susceptibles d’annuler l’impact social de la suspension de certaines taxes.

S’il «se réjouit de la dernière décision prise par le gouvernement de suspendre les taxes, notamment sur certains produits alimentaires et matériaux de construction», le CESEC «encourage [l’exécutif] à renforcer la vigilance face à la roublardise de certains commerçants, qui sont à la fois importateurs, transitaires, déclarants en douane, grossistes, détaillants et boutiquiers du quartier».

Par cette mise en garde, l’institution redoute que les allègements fiscaux ne soient pas répercutés sur les prix payés par les consommateurs, certains opérateurs maîtrisant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement pouvant capter les marges au détriment des populations.

Un rappel des alertes économiques antérieures

Guy-Bertrand Mapangou a replacé cet appel dans la continuité des recommandations formulées par le CESEC lors de sa session ordinaire du 2 au 30 septembre 2025, consacrée, entre autres, au projet de Loi de finances 2026. À cette occasion, «le Conseil avait fait preuve de responsabilité et de lucidité en recommandant une prudence accrue dans les projections macroéconomiques».

Face à «l’instabilité des marchés financiers, l’inflation, la volatilité des monnaies et les incertitudes régionales et internationales», le Conseil avait alors recommandé «la prudence et la sécurisation des hypothèses de croissance».

Selon son président, ces recommandations anticipaient les tensions économiques actuelles. «Ces avis préventifs avaient constitué un véritable signal d’alerte à l’attention du gouvernement pour renforcer la crédibilité des politiques économiques et éviter des crises financières et sociales préjudiciables au pays», a-t-il affirmé.

Garantir l’efficacité sociale des mesures

En filigrane, le CESEC estime que l’efficacité des décisions économiques dépend désormais de leur application concrète. La suspension des taxes constitue, pour l’institution, une mesure positive, mais insuffisante sans régulation effective des prix et surveillance des circuits de distribution.

À travers cette prise de position, le Conseil réaffirme son rôle d’organe d’alerte socio-économique : soutenir les politiques publiques visant à soulager les ménages, tout en exhortant l’État à veiller à ce que les bénéfices attendus atteignent réellement les consommateurs.

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