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Économie

Artisanat : la pierre de Mbigou en route vers sa première indication géographique

Par Loic Ntoutoume
· mis à jour le 28 octobre à 2h14 · 3 min de lecture

Artisanat : la pierre de Mbigou en route vers sa première indication géographique
C’est un jalon historique pour la propriété industrielle au Gabon. © GabonReview

 

Sous l’impulsion du ministre Lubin Ntoutoume et de l’Ogapi, la pierre de Mbigou est en passe de devenir la toute première indication géographique (IG) officiellement reconnue en République gabonaise. Une avancée majeure pour la valorisation du patrimoine culturel et artisanal du pays, célébrée lors d’un atelier de restitution tenu ce 20 février 2026 à Libreville.

C’est un jalon historique pour la propriété industrielle au Gabon. © GabonReview

 

C’est un jalon historique pour la propriété industrielle au Gabon. Après plusieurs années de travail méthodique, la démarche visant à protéger la pierre de Mbigou en tant qu’indication géographique entre dans sa phase ultime. Portée par l’Office gabonais de la propriété industrielle (Ogapi), sous la conduite de sa directrice générale et avec l’appui politique du ministre de l’Industrie, Lubin Ntoutoume, ce projet compte parmi les réalisations concrètes enregistrées depuis la prise de fonction de l’actuelle équipe dirigeante du secteur.

Ce vendredi 20 février 2026, l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI) a accueilli un atelier dédié à l’avenir de l’artisanat gabonais. Consacré à la consolidation de l’indication géographique de la pierre de Mbigou, cet événement visait à outiller les acteurs de la filière sur les exigences techniques et organisationnelles liées à cette démarche.

Le directeur général adjoint de l’Ogapi, Eric Edouard Mbatchi, a tenu à souligner les retombées attendues de cette reconnaissance : «La pierre de Mbigou en indication géographique pourrait offrir plusieurs avantages substantiels, tant pour les artistes sculpteurs que pour l’économie locale de la région. Elle permettrait de renforcer la compétitivité de l’artisanat local, de garantir la qualité associée à l’origine géographique de le pierre  et de stimuler le développement économique  tout en préservant le patrimoine culturel, et en favorisant des pratiques durables».

© GabonReview

L’enjeu économique est en effet considérable. Au-delà des frontières gabonaises, la pierre de Mbigou jouit déjà d’une réputation internationale auprès des collectionneurs et des amateurs d’art africain. La protection par IG viendrait consolider cette notoriété en lui conférant une valeur juridique et commerciale reconnue à l’échelle mondiale.

Au cœur de cette démarche se trouve un document clé : le cahier des charges. Armand Ondo Nguema, chef de service des indications géographiques à l’Ogapi et expert en charge du dossier, en précise la portée : «Le cahier des charges est la pièce centrale de la démarche IG. Il décrit le produit, la zone de production, les producteurs et leurs rôles respectifs qu’ils soient carreurs, sculpteurs, commerçants ou négociants, ainsi que les modalités d’élaboration du produit en vue de sa commercialisation. En propriété intellectuelle, les motivations sont aussi financières : il faut que le producteur vive de sa compétence, que le consommateur obtienne un produit dont les normes sont clairement établies, et que le pays puisse bénéficier d’un rayonnement international grâce à la réputation du produit».

L’étape décisive est désormais imminente : le dépôt officiel de la demande de protection en indication géographique de la pierre de Mbigou auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Une formalité qui fera du Gabon un pionnier régional en matière de valorisation de ses ressources artisanales et culturelles.

Dans la foulée, l’Ogapi entend élargir cette dynamique à d’autres produits emblématiques : le manioc d’Anizok, l’huile de Moabi, le raffia d’Okolassi, la mangue sauvage et, peut-être un jour, l’Iboga, dont la singularité à l’échelle mondiale pourrait en faire la prochaine grande indication géographique gabonaise.

 

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