Édition du soir · mercredi 28 octobre

Vendredi 30 octobre 2026 · Libreville

Le fil

  1. Valorisation de l’iboga : le plaidoyer de Mapangou trouve un écho auprès d’Ambio Life Science
  2. Potasse de Banio : Millennial vise désormais jusqu’à 1,2 million de tonnes par an dès le démarrage
  3. Naufrage du Prospector 5 : l’ONEP réclame un renforcement des mesures de sécurité
  4. Gabon : 30,5 % de chômage chez les jeunes, la Banque mondiale appelle à investir dans les compétences
  5. JOJ Dakar 2026 : la France et le Gabon mobilisés derrière sept jeunes athlètes gabonais
  6. Diplomatie : Oligui Nguema reçoit les lettres de créance de six ambassadeurs
  7. APJ Gabon : les journalistes judiciaires s’organisent pour gagner en rigueur
  8. Autisme : le Gabon défend l’inclusion scolaire à Cotonou
  9. Entrepreneuriat : l’ANPI-Gabon, facilitateur ou frein à la création d’entreprises ?
  10. Digitalisation : le Gabon lance sa première semaine du numérique 
  11. Gabon : un fichier unique pour mieux suivre les participations de l’État
  12. Collectivités locales : les maires portent leurs doléances au Sénat

Culture

Obone AI : le pari gabonais pour sauver ses langues de l’oubli numérique

Par Désiré-Clitandre Dzonteu
· mis à jour le 28 octobre à 0h00 · 2 min de lecture

Obone AI : le pari gabonais pour sauver ses langues de l’oubli numérique
Pour Melba Orlie Nzang Meyo (ordinateur en main), «le fang n’est que la première étape», avant de bâtir une «infrastructure linguistique pour le Gabon». © D.R.

 

 

« Obone AI », présentée comme la première intelligence artificielle gabonaise capable de comprendre et de répondre en langue fang, veut faire entrer les langues nationales dans l’ère numérique. Portée par Melba Orlie Nzang Meyo, présidente fondatrice du CSGR-IA et fondatrice-directrice générale de ZAIA Technologie, l’initiative répond à une absence criante à savoir que «les grands outils de traduction du monde ne parlent aucune des grandes langues du Gabon».

Pour Melba Orlie Nzang Meyo (ordinateur en main), «le fang n’est que la première étape», avant de bâtir une «infrastructure linguistique pour le Gabon». © D.R.

 

Au Gabon, l’intelligence artificielle (IA) veut désormais parler aux citoyens. Initiée par Melba Orlie Nzang Meyo, présidente fondatrice du Comité scientifique gabonais de recherche sur l’IA (CSGR-IA) et fondatrice-directrice générale de ZAIA Technologie, ‘’Obone AI’’ ambitionne de combler le déficit numérique des langues gabonaises en commençant par le fang. «J’ai lancé Obone AI parce qu’aucune langue ne devrait rester hors du numérique», a-t-elle expliqué. Une démarche qui répond à une réalité préoccupante, d’autant plus que selon les données citées par l’initiatrice, plus de 98 % des langues africaines ne sont pas prises en charge par les modèles d’IA actuels, tandis que 88 % sont gravement sous-représentées ou ignorées.

© D.R.

Dans le sens de remédier à cela, Obone AI se veut une réponse locale à cette fracture linguistique sur le numérique. La plateforme, dont la disponibilité est annoncée prochainement, traduit le français et l’anglais vers le fang, à l’écrit comme à l’oral, restitue les traductions en audio et permet leur interprétation en direct. Elle signale également les traductions portant la mention «Vérifié». Sa particularité repose sur une approche scientifique et communautaire et les données sont validées par des locuteurs et des linguistes avant leur intégration, tandis que les variations dialectales sont documentées et corrigées. «Les données culturelles restent sous gouvernance gabonaise», a indiqué Melba Orlie Nzang Meyo.

Alors que le fang est parlé par environ un million de personnes au Gabon et dans plusieurs pays voisins, les principales plateformes mondiales de traduction ne proposent toujours pas cette langue, pas plus que l’Ipunu, le Nzébi, le Téké ou l’Omyènè. Obone AI entend, dès lors, agir prioritairement dans la santé, l’éducation et les services publics, notamment en zone rurale, tout en rappelant que l’outil demeure une aide et non un substitut à un interprète qualifié. «Le fang n’est que la première étape», a affirmé la promotrice, qui veut bâtir une «infrastructure linguistique pour le Gabon», avant de l’étendre aux langues de l’Afrique centrale.

 

La lettre de Gabon Review

L'édition du soir, chaque jour à 19 h, dans votre boîte

Les sept articles qui comptent, choisis par la rédaction, avec le chiffre du jour et les derniers appels d'offres.