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Économie

Droits d’auteur : le Bugada entre dans l’ère de la surveillance intelligente des diffusions musicales

Par Gérald Mounomby
· mis à jour le 28 octobre à 1h44 · 3 min de lecture

Droits d’auteur : le Bugada entre dans l’ère de la surveillance intelligente des diffusions musicales
Gildas Borrys Ndong Nang, directeur général du Bugada, lors de la signature de la convention avec la société General Management Corporation (GMC-SA) basée en Côte d’Ivoire. © Bugada Gabon

 

Dans les bars, restaurants et maquis du Gabon, chaque chanson diffusée pourrait bientôt être repérée, identifiée et comptabilisée automatiquement. Derrière cette avancée technologique se joue une bataille silencieuse autour de milliards de francs, de la transparence dans les droits d’auteur et de la rémunération réelle des artistes. Avec l’arrivée d’un système de détection audio numérique expérimenté par le BUGADA et une société ivoirienne, le Gabon pourrait entrer dans une nouvelle ère où plus aucune musique exploitée publiquement ne passerait totalement sous les radars.

Gildas Borrys Ndong Nang, directeur général du Bugada, lors de la signature de la convention avec la société General Management Corporation (GMC-SA) basée en Côte d’Ivoire. © Bugada Gabon

 

Le Bureau gabonais du droit d’auteur et des droits voisins (BUGADA) a annoncé, le 5 mai 2026 sur sa page Facebook, la signature d’une «convention stratégique» avec General Management Corporation (GMC SA), entreprise spécialisée dans les technologies numériques de gestion des droits musicaux.

Dans son message publié sur Facebook, le Bugada explique que cet accord vise à «moderniser les mécanismes de protection, d’exploitation et de valorisation des œuvres de l’esprit, à travers des solutions innovantes et digitalisées». Les deux structures disent également vouloir renforcer «la coopération sous-régionale en matière de gestion collective des droits d’auteur et des droits voisins».

Des balises capables de reconnaître les chansons

Selon les informations disponibles, GMC SA va déployer au Gabon un système de monitoring automatique basé sur la reconnaissance audio. Des balises installées dans certains lieux pilotes capteront des extraits sonores puis les compareront à une base de données afin d’identifier les morceaux diffusés.

Cette technologie, appelée «audio fingerprinting», permet de savoir quelles chansons sont jouées, combien de fois elles passent et à quels moments de la journée. Jusqu’ici, la gestion des droits dans les bars, restaurants et lieux sonorisés reposait surtout sur des déclarations, des forfaits et des contrôles humains. Ce dispositif ambitionne donc d’apporter des données plus fiables et plus précises.

L’expérimentation doit durer sept semaines. Le Bugada prend en charge les coûts techniques et logistiques, tandis que GMC SA assure le déploiement du système, le traitement des données et la production des rapports d’analyse.

Une réforme aux enjeux sensibles

Au-delà de la technologie, cette initiative touche directement à la question sensible de la répartition des revenus entre artistes, producteurs et ayants droit. Car si les œuvres réellement diffusées sont mieux identifiées, les redevances pourraient théoriquement être réparties de manière plus juste et plus transparente.

En invitant les «créateurs, professionnels de la culture [et] acteurs des industries créatives» à se rapprocher du Bugada «pour mieux protéger et valoriser [leurs] œuvres», l’institution reconnaît implicitement la nécessité de moderniser ses outils.

Reste désormais à savoir si cette phase test débouchera sur un véritable système national de suivi des diffusions musicales. Mais une chose est déjà certaine : le Gabon entre progressivement dans l’ère numérique de la gestion des droits d’auteur.

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