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Société

Gabon : les CHU de Libreville, Owendo et Jeanne Ebori existent sans véritable base juridique

Par Tokyo Yabangoye
· mis à jour le 28 octobre à 1h33 · 3 min de lecture

Gabon : les CHU de Libreville, Owendo et Jeanne Ebori existent sans véritable base juridique
la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, lors de son audition devant les députés. © Presse Assemblée nationale

 

Auditionnée le 4 juin 2026 par la Commission de la Santé de l’Assemblée nationale, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a défendu plusieurs projets de loi visant à doter les principaux centres hospitaliers universitaires du Gabon ainsi que le Laboratoire national de santé publique d’un cadre juridique conforme à la législation en vigueur. Une réforme présentée comme indispensable pour renforcer la gouvernance de ces structures et améliorer l’offre de soins.

La ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, lors de son audition devant les députés. © Presse Assemblée nationale

 

Le gouvernement entend mettre fin à une anomalie juridique qui touche plusieurs établissements sanitaires stratégiques du pays. C’est le message porté par la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, lors de son audition devant la Commission de la Santé, de l’Éducation, des Affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale, le 4 juin dernier.

Face aux députés, la membre du gouvernement est venue défendre cinq projets de loi portant ratification d’ordonnances relatives à la création, aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement du Centre hospitalier universitaire mère-enfant Fondation Jeanne Ebori (CHUMEFJE), du Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), du Centre hospitalier universitaire d’Owendo (CHUO), ainsi que du Laboratoire national de santé publique.

Selon le ministre, bien que ces structures soient opérationnelles depuis plusieurs années, elles ne disposent toujours pas d’un cadre juridique conforme aux dispositions légales en vigueur. Une situation qui les place en contradiction avec la loi n° 20/2005 du 3 janvier 2006 fixant les règles de création, d’organisation et de gestion des services de l’État.

« Les établissements susvisés évoluent en violation des dispositions des textes soumis ainsi que de la loi n° 20/2005 », a expliqué le Pr Nkana devant les parlementaires.

L’adoption de ces textes doit ainsi permettre de combler ce vide juridique et de conférer à ces établissements une existence légale pleinement reconnue. Pour le gouvernement, cette régularisation constitue une étape essentielle dans la modernisation du système sanitaire national.

Une réforme pour renforcer les missions des CHU

Au-delà de la conformité administrative, les autorités entendent également renforcer les capacités des centres hospitaliers universitaires dans leurs missions de soins, de formation et de recherche.

« Le CHU a une vocation de soin, mais également une vocation universitaire et une vocation de recherche. Grâce à ces textes, nous allons pouvoir multiplier les conventions avec d’autres structures, peut-être à l’étranger, avoir des jumelages. Tout ça va dans l’amélioration de l’offre de soins au niveau des CHU », a souligné la ministre.

Au cours de la même audition, le membre du gouvernement a également défendu le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°0020/PR/2026 instituant de nouvelles mesures de lutte contre le tabagisme et les produits dérivés de la nicotine, notamment les dispositifs de vapotage.

Le texte vise à renforcer la protection des populations, particulièrement des jeunes, face à la progression de ces produits dont les effets sur la santé suscitent de vives préoccupations.

Lors des échanges, les députés ont toutefois attiré l’attention du gouvernement sur plusieurs difficultés persistantes dans les établissements publics de santé. Les élus ont notamment évoqué les délais de prise en charge des patients en situation d’urgence, la qualité de l’accueil dans certaines structures ainsi que le coût des consultations et des hospitalisations, particulièrement au CHUMEFJE.

En réponse, la ministre de la Santé a assuré que des mesures correctives étaient en cours. Elle a notamment rappelé la mise en place d’un bureau de plaintes chargé de recueillir les dénonciations liées aux manquements professionnels du personnel soignant et de veiller à l’application des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Ce dispositif fait suite au récent séminaire consacré à l’éthique et à la déontologie dans le secteur de la santé.

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