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Économie

Boulevard de la Transition : le névralgique câble électrique dont dépend tout un quartier d’État

Par Gérald Mounomby
· mis à jour le 28 octobre à 1h02 · 3 min de lecture

Boulevard de la Transition : le névralgique câble électrique dont dépend tout un quartier d’État
Sur l’emprise du boulevard de la Transition, les travaux avancent au ralenti. En toile de fond, les tours jumelles de l’ANINF, elles aussi alimentées par le réseau en cause, le siège d’Olam, le ministère de l’Économie et l’Institut français du Gabon. © GabonReview

 

Un seul fil électrique tient en respect un chantier de 3 km. Enfoui sous l’emprise du boulevard de la Transition, ce câble de la SEEG alimenterait à lui seul l’Assemblée nationale, le Sénat, Gabon Télévisions, l’Aninf et deux ministères, transformant une simple opération de voirie en arbitrage à haut risque.

Sur l’emprise du boulevard de la Transition, les travaux avancent au ralenti. En toile de fond, les tours jumelles de l’ANINF, elles aussi alimentées par le réseau en cause, le siège d’Olam, le ministère de l’Économie et l’Institut français du Gabon. © GabonReview

 

Longue de 3 km et prévue en 2×2 voies, la route doit relier les feux du Centre hospitalier universitaire mère-enfant Fondation Jeanne-Ébori à la Pharmacie des Facultés, en passant derrière l’Assemblée nationale. C’est sur cette emprise précise, indique le quotidien L’Union, qu’un câblage souterrain de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) constitue le point de blocage, exposant les ouvriers de Soco BTP à un risque d’électrocution.

L’obstacle n’est pas seulement humain. Tant que la ligne n’est pas traitée, la construction d’un dalot en béton, destiné à drainer les eaux pluviales vers le grand canal réalisé sous l’Assemblée nationale, demeure suspendue. Le chantier achoppe ainsi sur un seul ouvrage, qui commande à la fois la voirie et l’assainissement de toute la section.

Un réseau aux ramifications sensibles

Ce qui rend l’équation singulière, c’est la fonction de ce câble. Il ne dessert pas un usager ordinaire mais, selon les informations recueillies en plus par GabonReview, le cœur institutionnel de la capitale : l’Assemblée nationale, le Sénat, le siège de Gabon Télévisions, le ministère des Eaux et Forêts et celui de l’Économie, ainsi que l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf).

Dans cette configuration, dévoyer ou sécuriser la ligne supposerait d’en interrompre l’alimentation le temps de l’opération. La perspective d’une coupure, même brève, frappant simultanément deux chambres parlementaires, un diffuseur public et deux ministères suffirait à expliquer la prudence observée. Ce qui apparaît de l’extérieur comme une lenteur relèverait, en réalité, d’un arbitrage entre l’avancement d’un chantier et la continuité de service de plusieurs administrations.

Une intervention sous contrainte de calendrier

Ainsi que le note L’Union, la saison sèche actuelle constitue la fenêtre la plus favorable pour accélérer les travaux, ce qui rend la résolution du dossier d’autant plus pressante. Repousser l’intervention exposerait le chantier à devoir reprendre sous les pluies, dans des conditions moins propices et avec un dalot toujours inachevé.

La sortie passerait par une coordination étroite entre la SEEG, le ministère des Travaux publics et Soco BTP, autour d’un plan de coupures programmées limitant la gêne pour les institutions concernées. Le rapport technique de détection des réseaux, demeuré à ce stade interne à l’entreprise, documenterait l’origine exacte du blocage et les options disponibles, du simple dévoiement de la ligne à une reprise complète du tracé. Sa consultation éclairerait la marche à suivre pour lever l’obstacle sans plonger le quartier administratif dans le noir.

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