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Économie

Filière bois : l’État doit 20 milliards de FCFA de TVA aux industriels, Immongault promet un moratoire de remboursement

Par Tokyo Yabangoye
· mis à jour le 28 octobre à 0h50 · 3 min de lecture

Filière bois : l’État doit 20 milliards de FCFA de TVA aux industriels, Immongault promet un moratoire de remboursement
Un moment de la séance de travail avec la délégation. © Communication VPG

 

Confrontées à un important déficit de trésorerie lié au non-remboursement de près de 20 milliards de francs CFA de TVA par l’État gabonais, plusieurs entreprises majeures de la filière forêt-bois ont porté leurs préoccupations auprès du vice-président du gouvernement. Hermann Immongault s’est engagé à mettre en place un moratoire de paiement afin d’apurer progressivement cette dette et de préserver un secteur qui figure parmi les premiers employeurs du pays.

Un moment de la séance de travail avec la délégation. © Communication VPG

 

Le gouvernement gabonais tente d’éteindre un nouvel incendie économique. Réuni, le 6 juillet, avec les ambassadeurs de l’Union européenne, de France, d’Italie et d’Espagne, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a été saisi de la situation préoccupante que traversent plusieurs entreprises européennes opérant dans la filière forêt-bois, confrontées à une crise de liquidités largement imputée au non-remboursement de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Selon les informations communiquées par la vice-présidence du gouvernement, le montant cumulé de cette dette fiscale atteint environ 20 milliards de francs CFA, une situation qui fragilise la trésorerie de plusieurs opérateurs historiques du secteur.

Une trésorerie asphyxiée

Accompagnés de l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, les ambassadeurs de France, d’Italie et d’Espagne sont venus défendre les préoccupations des sociétés Arbor, CEB, Precious Woods et Thébault.

Outre les difficultés liées au remboursement de la TVA, ces entreprises dénoncent également des contraintes administratives concernant le renouvellement des permis d’exploitation forestière. Elles estiment par ailleurs subir une concurrence déséquilibrée face aux industries installées dans la Zone d’investissement spéciale (ZIS) de Nkok, qui bénéficient d’un régime fiscal plus favorable.

Pour ces opérateurs, l’accumulation de ces facteurs menace directement la pérennité de leurs activités, alors que la filière forêt-bois demeure le deuxième pourvoyeur d’emplois du pays après la fonction publique.

Un moratoire pour apurer la dette

Élargie aux ministres en charge des Eaux et Forêts ainsi que du Budget, la réunion a permis d’examiner les différentes revendications formulées par la délégation européenne.

En réponse, Hermann Immongault a rappelé les orientations arrêtées dans le cadre des travaux du Haut conseil pour l’investissement (HCI) en faveur de la relance de la filière bois. Surtout, il a annoncé un engagement concret de l’exécutif visant à rembourser progressivement les créances de TVA.

«Le gouvernement mettra en place un moratoire de paiement étalé dans le temps», a indiqué le vice-président du gouvernement, selon le compte rendu officiel, afin d’amorcer l’apurement de cette dette fiscale et de restaurer la confiance des investisseurs.

Restaurer la confiance des investisseurs

Au-delà de la question du remboursement de la TVA, les échanges ont également porté sur les perspectives de développement de la filière. Les participants ont réaffirmé leur volonté de concilier exploitation forestière, préservation des ressources naturelles et développement de l’écotourisme, en cohérence avec les engagements environnementaux du Gabon.

Pour l’exécutif, l’enjeu dépasse le simple règlement d’un passif fiscal. Il s’agit également de préserver un secteur stratégique de l’économie nationale, fortement créateur d’emplois, tout en rassurant des investisseurs dont les difficultés financières risquent, à terme, d’affecter l’activité industrielle et les recettes économiques du pays.

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