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Société

Université morte pour vacations impayées à l’USTM

Par Désiré-Clitandre Dzonteu
· mis à jour le 28 octobre à 0h44 · 3 min de lecture

Université morte pour vacations impayées à l’USTM
Les enseignants-chercheurs de l’USTM votant pour la paralysie des activités pédagogiques. © AGP

 

Plus aucun cours à l’Université des sciences et techniques de Masuku. Excédé par le non-paiement des vacations de l’année académique 2024-2025, le Syndicat national des enseignants-chercheurs (Snec-USTM) a décidé, le 10 juin en assemblée générale à Franceville, de «suspendre les activités pédagogiques» jusqu’au règlement intégral du dossier. Les étudiants en paient le prix : l’année 2025-2026 est à l’arrêt.

Les enseignants-chercheurs de l’USTM votant pour la paralysie des activités pédagogiques. © AGP

 

Les enseignants-chercheurs syndiqués de l’Université des sciences et techniques de Masuku (Snec-USTM), excédés par le non-paiement des vacations 2024-2025, ont déclenché le 10 juin un mouvement d’humeur. Réunis en assemblée générale à Franceville, rapporte l’Agence gabonaise de presse (AGP), ils ont décidé de suspendre les activités pédagogiques tant que le dossier ne sera pas réglé. Une mesure présentée comme un dernier recours après des mois d’attente et d’engagements non tenus, mais lourde de conséquences : ce sont les étudiants, privés de cours pour l’année académique 2025-2026, qui en paient les frais.

Une charge pédagogique en hausse, des moyens en berne

Les causes avancées par le Snec-USTM renvoient à des dysfonctionnements structurels et financiers. Le président du syndicat, Ferdinand Evoung Evoung, explique, d’après l’AGP, que «l’augmentation du volume des vacations résulte de l’expansion des établissements et des filières de l’USTM, alors que les recrutements d’enseignants demeurent insuffisants». Autrement dit, l’université a vu sa charge pédagogique croître sans que les moyens humains et financiers suivent, générant un arriéré de vacations que l’administration n’a pas honoré.

Le syndicat conteste également la méthodologie et les conclusions de l’audit diligenté par le ministère du Budget, qu’il juge incohérent. Le Snec-USTM dénonce notamment des «montants revus à la baisse, de l’omission de certains enseignants et de données ne reflétant pas les heures effectivement dispensées». Ces griefs font peser un fort doute sur la transparence du calcul des sommes dues et nourrissent l’impression d’un traitement inéquitable, d’autant que le syndicat affirme qu’«une volonté de ne régler qu’une partie des montants dus aurait été évoquée, contrairement à ce qui a été fait dans d’autres établissements».

Un appel solennel au chef de l’État

Face à cette crise, le mouvement poursuit deux objectifs : obtenir le paiement intégral des vacations et une reconnaissance exacte du travail fourni. Le Snec-USTM appelle solennellement à l’intervention du président Brice Clotaire Oligui Nguema pour débloquer la situation et garantir un règlement rapide. Le syndicat rappelle que «le président de la République avait annoncé un paiement intégral après la réception du rapport final».

À défaut d’une réponse rapide et transparente des autorités, la suspension des activités pédagogiques restera le moyen de pression choisi par les enseignants-chercheurs pour protéger leurs droits et, disent-ils, la viabilité du service public universitaire. Dans l’attente, c’est toute une communauté estudiantine qui voit son année suspendue au dénouement de ce bras de fer.

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