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Société

Crise à l’Agasa : le Synata salue l’intervention du vice-président du gouvernement et attend des mesures concrètes

Par Tokyo Yabangoye
· mis à jour le 28 octobre à 0h40 · 4 min de lecture

Crise à l’Agasa : le Synata salue l’intervention du vice-président du gouvernement et attend des mesures concrètes
Des agents de l’Agasa sur le terrain au PK8. © Agasa

 

Après des mois de tensions au sein de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), le Syndicat national des travailleurs de l’Agasa (Synata) a accueilli favorablement l’intervention du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, qui a convoqué, le 13 juillet, les deux directeurs généraux de l’établissement ainsi que le ministre de l’Agriculture. Dans un communiqué publié le 14 juillet, l’organisation syndicale voit dans cette initiative une reconnaissance des dysfonctionnements qu’elle dénonce depuis plus d’un an et appelle désormais à des décisions rapides pour restaurer la sérénité et la gouvernance au sein de l’agence.

Des agents de l’Agasa sur le terrain au PK8, à Libreville. © Agasa

 

La crise qui secoue l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) depuis plusieurs mois semble entrer dans une nouvelle phase. Au lendemain de la réunion convoquée par le vice-président du gouvernement et coordonnateur de l’Action gouvernementale, Hermann Immongault, le Syndicat national des travailleurs de l’Agasa (Synata) a exprimé sa «très grande satisfaction» face à une initiative qu’il considère comme un tournant dans le traitement du dossier.

Dans son communiqué, le syndicat rappelle avoir multiplié, depuis plus d’un an, les alertes adressées aux plus hautes autorités de l’État au sujet de «dysfonctionnements de gouvernance» au sein de l’établissement public chargé de la sécurité alimentaire. «Toutes les saisines ont été faites dans les formes, avec des preuves, des références réglementaires précises et des arguments juridiques circonstanciés», affirme l’organisation.

Une intervention au sommet de l’État

Pour le Synata, la convocation des deux directeurs généraux de l’Agasa et du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural constitue une validation des préoccupations exprimées depuis des mois. Le syndicat retient particulièrement le rappel formulé par Hermann Immongault selon lequel «l’Agasa est chargée d’assurer la sécurité alimentaire des populations», alors que les responsables de l’agence constituent désormais «une source d’insécurité pour le Gabonais».

L’organisation syndicale souligne également l’instruction donnée au ministère de tutelle de proposer, dans un délai de huit jours, des solutions concrètes pour sortir de la crise.

«Cette intervention au plus haut niveau de l’Exécutif confirme que le Synata dénonce depuis plus d’un an les dysfonctionnements observés à l’Agasa», estime le syndicat, qui voit dans cette démarche «le rejet de la rivalité interne» et «du péril de gouvernance» qui menacerait l’établissement.

Le rejet des polémiques sur les réseaux sociaux

Tout en saluant cette évolution, le Synata revient longuement sur les échanges qui opposent depuis plusieurs semaines la direction générale et certains représentants du personnel sur les réseaux sociaux. Le syndicat reproche notamment au directeur général d’avoir privilégié la communication numérique aux réponses institutionnelles attendues.

«Mobiliser des relais pour occuper l’espace médiatique ne remplacera jamais une réponse juridique et factuelle aux irrégularités dénoncées», soutient le communiqué, regrettant qu’aucune réponse officielle n’ait, à ce jour, été apportée aux différentes interpellations formulées.

L’organisation syndicale dit également s’interroger sur la multiplication de «comptes et pages relayant, amplifiant et parfois déformant» les prises de position autour de la gestion de l’agence. Pour ses responsables, «les réseaux sociaux ne réécriront jamais le droit positif gabonais».

Des attentes fortes pour sortir de la crise

Au-delà de la satisfaction affichée après la réunion du 13 juillet, le Synata attend désormais des actes. Le syndicat espère que l’impulsion donnée par la vice-présidence du gouvernement sera suivie d’effets immédiats et conduira les autorités de tutelle ainsi que le conseil d’administration à assumer pleinement leurs responsabilités.

L’objectif affiché est double : faire la lumière sur les irrégularités dénoncées et restaurer un fonctionnement conforme aux textes régissant l’Agasa.

«Pendant que certains investissent leur énergie à fabriquer un récit, le Synata continuera à produire des faits», assure l’organisation, réaffirmant sa volonté de «défendre les travailleurs, dénoncer ce qui contrevient aux règles de bonne gouvernance et proposer des solutions pour préserver l’Agasa».

Pour le syndicat, l’heure n’est donc plus aux affrontements médiatiques, mais à la mise en œuvre de réformes susceptibles de mettre fin à une crise qui fragilise, depuis plusieurs mois, l’agence en charge d’un secteur stratégique pour le pays.

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