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Économie

Chômage au Gabon : pourquoi les femmes paient le prix fort, selon le RNDH 2026

Par Gérald Mounomby
· mis à jour le 28 octobre à 0h39 · 3 min de lecture

Chômage au Gabon : pourquoi les femmes paient le prix fort, selon le RNDH 2026
Seule femme de l’atelier : moins d’une jeune Gabonaise sur quatre passe par les filières techniques, là où les entreprises recrutent, selon le RNDH 2026. © Illustration générée par IA / GabonReview

 

Elles représentent 55 % des chômeurs du pays. Leur taux de chômage, 21,4 %, dépasse de sept points celui des hommes. Le chiffre traverse tout le RNDH 2026 sans jamais faire la une : les femmes sont les premières victimes du marché du travail gabonais. Le rapport ne se contente pas du constat, il en démonte la mécanique et ose un mot rarement écrit dans un document officiel : discrimination positive.

Seule femme de l’atelier : moins d’une jeune Gabonaise sur quatre passe par les filières techniques, là où les entreprises recrutent, selon le RNDH 2026. © Illustration générée par IA / GabonReview

 

La mécanique de l’exclusion commence sur les bancs de l’école. Dans l’enquête de terrain du rapport, plus de 70 % des jeunes femmes interrogées sont issues de l’enseignement général, quand une poignée seulement a suivi une formation technique. Cette «ségrégation horizontale précoce» les tient à l’écart des filières industrielles, du BTP et des métiers de la mer, précisément les secteurs où les entreprises recrutent, et les relègue vers des services et une administration saturés.

La double peine : l’école, puis la maison

À cette orientation biaisée s’ajoute ce que le rapport nomme pudiquement «le poids des normes socioculturelles» : la charge du travail domestique non rémunéré. Le manque de crèches et de structures d’accueil de la petite enfance, surtout en zones périurbaines et rurales, renchérit le coût de toute recherche d’emploi pour les jeunes mères et sape leur compétitivité face aux exigences de flexibilité du privé.

L’entrepreneuriat ne constitue pas l’échappatoire espérée. L’envie est là, 19,1 % des femmes interrogées ont déjà franchi le pas, un taux comparable à celui des hommes. Mais faute de financement, l’aventure se réduit trop souvent à la micro-entreprise de subsistance dans l’informel. La barrière est structurelle : sans titres fonciers ni cautions matérielles, les femmes sont «systématiquement» exclues des circuits bancaires classiques, auxquels s’ajoute un déficit de réseaux d’affaires et de mentorat.

Quotas, crèches et fonds dédiés : les remèdes du rapport

Face à ce diagnostic, le document produit par le ministère de la Planification et de la Prospective, avec l’appui du PNUD, formule des recommandations d’une netteté inhabituelle : des lignes de garantie et des fonds d’amorçage municipaux exclusivement réservés aux projets portés par des jeunes femmes, pour contourner l’exigence de garanties patrimoniales ; des quotas et des bourses incitatives pour orienter les bachelières vers les filières techniques, en partenariat avec les hydrocarbures, le bois et l’agro-industrie ; et des crèches municipales adossées à des espaces de travail partagés, pour alléger la contrainte temporelle des mères actives.

Autant de mesures qui supposent, là encore, des collectivités locales dotées de vrais moyens. Reste que le rapport aura eu le mérite de nommer les choses : au Gabon, la «neutralité de façade» des politiques d’emploi a un coût, et ce sont les femmes qui le paient.

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