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Économie

Task Force et dette moratoire : la vérité sort, le paiement attend

Par Gérald Mounomby
· mis à jour le 28 octobre à 0h30 · 3 min de lecture

Task Force et dette moratoire : la vérité sort, le paiement attend
Une créance validée n’est pas toujours une créance payée : sur 758,7 milliards de FCFA de dettes moratoires reconnues par la Task Force, 131,3 milliards restent en attente de règlement. (Illustration générée par IA) © GabonReview

 

Les dettes moratoires sont de vieilles dettes de l’État, longtemps oubliées ou non reconnues officiellement. Elles pèsent désormais 758,7 milliards de FCFA dans les comptes publics, après leur validation par la Task Force sur la dette et leur prise en charge par la Direction générale de la dette (DGD), l’administration du ministère de l’Économie chargée du suivi et du remboursement de la dette publique. C’est un vrai progrès en matière de transparence. Mais 131,3 milliards de FCFA d’échéances moratoires n’ont pas été payés à temps. La dette est reconnue ; reste à la payer.

Une créance validée n’est pas toujours une créance payée : sur 758,7 milliards de FCFA de dettes moratoires reconnues par la Task Force, 131,3 milliards restent en attente de règlement. (Illustration générée par IA) © GabonReview

 

Ces dettes moratoires viennent surtout d’entreprises et de fournisseurs, souvent gabonais, qui attendaient d’être payés par l’État depuis des années. Leurs factures existaient bien, mais elles n’étaient pas comptées officiellement dans la dette du pays.

Le travail de la Task Force a changé cela. En vérifiant et en validant ces factures, elle les a fait entrer dans les comptes de l’État. C’est l’une des deux raisons pour lesquelles la dette intérieure du Gabon a fortement augmenté en un an, en plus des emprunts sur le marché financier régional. Il faut donc comprendre ceci : la dette n’augmente pas parce que l’État dépense plus, mais parce que les comptes disent enfin la vérité.

Des paiements réels, mais trop lents

Bonne nouvelle : l’État a commencé à payer. En 2025, 148,1 milliards de FCFA de dettes moratoires ont été effectivement réglés. Des entreprises qui attendaient depuis longtemps ont donc reçu de l’argent, un signal encourageant pour le secteur privé gabonais.

Mais le rythme des paiements ne suit pas celui des échéances. Sur 234,7 milliards de FCFA à payer en 2025, 86,7 milliards n’ont pas été honorés à temps. En ajoutant les vieilles échéances non payées, le retard total atteint 131,3 milliards de FCFA. Pour les entreprises concernées, la situation est frustrante : leur dette est enfin reconnue par l’État, mais l’argent n’arrive toujours pas à la date prévue.

Une confiance à ne pas gâcher

La question qui se pose maintenant est simple : la validation d’une dette veut-elle dire qu’elle sera payée à temps ? Si les entreprises créancières constatent que rien ne change malgré la reconnaissance de leur dû, la confiance gagnée grâce à ce travail de transparence pourrait retomber. À l’inverse, un remboursement progressif et prévisible, même étalé sur plusieurs années, redonnerait de l’oxygène à des entreprises fragilisées par ces longues années d’attente.

Ce n’est pas qu’une question de comptabilité. Chaque milliard de dette moratoire payé profite directement à l’économie réelle : salaires des employés, paiement des sous-traitants, nouvelles commandes. Le sort réservé à ces 758,7 milliards sera donc un vrai test : celui de savoir si la parole de l’État, une fois donnée, se transforme réellement en argent versé.

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