Édition du soir · mercredi 28 octobre

Mardi 3 novembre 2026 · Libreville

Le fil

  1. Valorisation de l’iboga : le plaidoyer de Mapangou trouve un écho auprès d’Ambio Life Science
  2. Potasse de Banio : Millennial vise désormais jusqu’à 1,2 million de tonnes par an dès le démarrage
  3. Naufrage du Prospector 5 : l’ONEP réclame un renforcement des mesures de sécurité
  4. Gabon : 30,5 % de chômage chez les jeunes, la Banque mondiale appelle à investir dans les compétences
  5. JOJ Dakar 2026 : la France et le Gabon mobilisés derrière sept jeunes athlètes gabonais
  6. Diplomatie : Oligui Nguema reçoit les lettres de créance de six ambassadeurs
  7. APJ Gabon : les journalistes judiciaires s’organisent pour gagner en rigueur
  8. Autisme : le Gabon défend l’inclusion scolaire à Cotonou
  9. Entrepreneuriat : l’ANPI-Gabon, facilitateur ou frein à la création d’entreprises ?
  10. Digitalisation : le Gabon lance sa première semaine du numérique 
  11. Gabon : un fichier unique pour mieux suivre les participations de l’État
  12. Collectivités locales : les maires portent leurs doléances au Sénat

Économie

Offshore pétrolier : le Gabon en vedette à l’African Energy Week 2026

Par Vignon Folake
· mis à jour le 28 octobre à 0h26 · 3 min de lecture

Offshore pétrolier : le Gabon en vedette à l’African Energy Week 2026
L’offshore pétrolier gabonais sera au centre d’une table ronde dédiée à l’African Energy Week 2026, avec la participation du ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja. © GabonReview

 

Le Gabon fera l’objet d’une table ronde dédiée lors de l’African Energy Week 2026, prévue au Cap du 12 au 16 octobre. Baptisée «Investir au Gabon : la relance et l’expansion de la production pétrolière offshore», cette session doit examiner la réforme réglementaire, l’amélioration des conditions fiscales et le retour des investisseurs internationaux dans le bassin sédimentaire national.

L’offshore pétrolier gabonais sera au centre d’une table ronde dédiée à l’African Energy Week 2026, avec la participation du ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja. © GabonReview

 

Le choix de consacrer un temps fort de l’African Energy Week (AEW) 2026 au Gabon ne doit rien au hasard. Depuis le début de l’année, le pays a engagé l’une des campagnes d’investissement offshore les plus actives du continent, avec une politique de licences couvrant environ 70 % de son bassin offshore disponible.

Les négociations engagées avec ExxonMobil et BP pour convertir leurs protocoles d’accord respectifs en contrats de partage de production illustrent cette dynamique. Les deux groupes ciblent des zones frontalières en eaux profondes et ultra-profondes, jusqu’ici peu explorées, avec un aboutissement attendu sous trois à six mois.

Un potentiel encore largement inexploré

Le bassin sédimentaire gabonais reste, selon les chiffres cités par l’African Energy Chamber (AEC), inexploré à hauteur de 72 % dans ses portions profondes et ultra-profondes. Les blocs BC-9 et BCD-10, parmi les plus scrutés, contiendraient environ 1,4 milliard de barils de ressources récupérables.

Cette marge d’exploration s’accompagne d’une réforme structurelle du cadre légal. Le Code des hydrocarbures de 2019 est en cours de scission en deux textes distincts, l’un pour le pétrole, l’autre pour le gaz, une architecture censée mieux refléter les réalités économiques différenciées entre production mature, exploration pionnière et commercialisation gazière.

Fiscalité allégée, participation d’État réduite

Le train de réformes comprend la suppression des primes à la signature pour les blocs en eaux profondes et ultra-profondes, ainsi qu’un relèvement des plafonds de recouvrement des coûts pétroliers à 70-75 %, contre 80-90 % pour les projets gaziers. Les contrats de partage de production éligibles bénéficieraient par ailleurs d’exonérations de l’impôt sur les sociétés et d’allègements sur les plus-values.

Point le plus sensible de ce dispositif, la participation obligatoire de l’État, exercée via la Gabon Oil Company, passerait de 20 % à 10 %. Ce recul, présenté par l’AEC comme un facteur d’attractivité pour les investisseurs, s’inscrit dans un contexte où la question de la part revenant à l’État dans l’exploitation des ressources nationales reste un sujet de débat récurrent, notamment à l’aune des arbitrages budgétaires en cours autour du PLFR 2026.

Sur le volet gazier, les réserves estimées à 28 000 milliards de pieds cubes alimentent deux projets structurants : le FLNG de Cap Lopez, porté par Perenco pour 2 milliards de dollars, et un gazoduc de 120 à 150 km entre Gamba et Libreville, destiné à appuyer l’industrialisation nationale d’ici 2029.

Signaux à destination des majors pétrolières

En rassemblant gouvernements, opérateurs internationaux, investisseurs et entreprises de services autour d’une même table, l’AEW 2026 entend faire de cette session gabonaise une vitrine de référence pour les investissements en amont sur le continent. L’exercice s’inscrit dans une séquence plus large où Libreville multiplie les signaux à destination des majors pétrolières, entre les réformes citées plus haut du Code des hydrocarbures et la refonte de la fiscalité applicable aux nouveaux blocs.

Reste à savoir si les engagements annoncés, du FLNG de Cap Lopez aux blocs BC-9 et BCD-10, se traduiront en contrats effectifs dans les délais avancés. La conversion des protocoles d’accord avec ExxonMobil et BP en contrats de partage de production, attendue sous trois à six mois, constituera à cet égard un premier test de la crédibilité du calendrier gouvernemental.

La lettre de Gabon Review

L'édition du soir, chaque jour à 19 h, dans votre boîte

Les sept articles qui comptent, choisis par la rédaction, avec le chiffre du jour et les derniers appels d'offres.