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Économie

SING SA : derrière le limogeage du DG, des manquements liés à sa gestion dévoilés par un audit ?

Par Dimitri Mimongo
· mis à jour le 28 octobre à 0h19 · 3 min de lecture

SING SA : derrière le limogeage du DG, des manquements liés à sa gestion dévoilés par un audit ?
L’ex-directeur général de la SING SA (à gauche) en compagnie du ministre de l’Economie numérique, en juin 2025. © D.R.

 

Après le limogeage de Yannick Ebibie Nze, la Société d’incubation numérique du Gabon (SING SA) serait sur la voie d’une réorganisation en profondeur. À la suite de l’enquête de GabonReview, L’Union révèle ce jeudi 27 août que l’ex-directeur général a été remercié après qu’un audit confié au cabinet Deloitte a relevé « plusieurs manquements et incohérences » dans la gestion de la structure, confrontée notamment à plusieurs mois d’impayés de loyer et à des difficultés pour assurer le paiement des salaires. Une précision qui pourrait expliquer le fait que la société ait récemment déménagé de son siège du centre-ville.

L’ex-directeur général de la SING SA (à gauche) en compagnie du ministre de l’Economie numérique, en juin 2025. © D.R.

 

La SING SA ne serait donc pas fermée, apprend-on ce jeudi de nos confrères de L’Union. Au lendemain du départ de son directeur général, Yannick Ebibie Nze, la société entre plutôt dans une phase de réorganisation dont les contours restent à définir. 

Selon une source proche du dossier citée par le quotidien, la décision de mettre fin aux fonctions de Yannick Ebibie Nze serait intervenue après un conseil d’administration consécutif à un audit réalisé par Deloitte. Celui-ci aurait mis en évidence « plusieurs manquements et incohérences » dans le fonctionnement et la gestion de la société.

Plus préoccupant encore, la SING aurait accumulé plusieurs mois d’impayés de loyer et éprouverait des difficultés à assurer régulièrement les salaires de ses employés. Des éléments qui permettraient de mieux comprendre la décision des actionnaires de mettre fin aux fonctions de Yannick Ebibie Nze.

La SING pas encore condamnée à disparaître

Si la société a bel et bien quitté son siège du centre-ville de Libreville sans une nouvelle adresse communiquée à ce jour, certains assurent qu’elle ne serait toutefois pas officiellement appelée à disparaître. L’hypothèse actuellement privilégiée serait celle d’une gestion intérimaire, le temps de déterminer un nouveau modèle pour la structure. Nos confrères confirment les révélations de GabonReview selon lesquelles l’intérim a été confié à Cyrille Ndong, directeur général adjoint de la Société du patrimoine et des infrastructures numériques (SPIN), qui détient 30 % du capital de la SING SA pour le compte de l’État gabonais.

En attendant, plusieurs scénarios seraient à l’étude : reprise de la SING par l’État, transformation en entité parapublique ou placement sous la tutelle de la SPIN. L’hypothèse d’une fusion avec le Centre gabonais de l’innovation (CGI) est également sur la table. Gabonreview rapportait déjà que cette piste était étudiée au ministère de l’Économie numérique et qu’elle pourrait conduire à une concentration des activités d’innovation numérique au sein du CGI.

La décision finale devrait revenir au ministère de l’Économie numérique, qui devra déterminer le véhicule institutionnel le plus pertinent pour poursuivre les missions jusque-là dévolues à la SING.

Le bilan de la SING désormais questionné

Cette remise à plat intervient alors que la SING avait connu une période particulièrement favorable entre 2018 et 2021, notamment grâce aux financements mobilisés dans le cadre du projet eGabon soutenu par la Banque mondiale. La structure avait pour ambition de contribuer à la structuration de l’écosystème numérique gabonais, notamment à travers l’incubation et l’accélération des startups, le conseil en innovation et l’ingénierie numérique.

La société revendique d’ailleurs un bilan conséquent depuis le démarrage de ses activités : plus de 314 startups accompagnées depuis 2018 et que près de 550 millions de FCFA mobilisés au profit des entrepreneurs.

Mais pour les actionnaires, la question est désormais celle du rendement des ressources injectées dans la structure au regard de sa situation financière actuelle. Les résultats de l’audit Deloitte pourraient ainsi constituer le point de départ d’un examen plus global de la gouvernance, du modèle économique et du positionnement de la SING. Reste à voir.

 

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