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Faits divers

Drame de Nyali : un bébé meurt, la police accusée d’avoir privilégié l’argent à l’urgence

Par Brice GOTOA
· mis à jour le 28 octobre à 0h19 · 3 min de lecture

Drame de Nyali : un bébé meurt, la police accusée d’avoir privilégié l’argent à l’urgence
Les habitants de Nyali, en colère, réclament toute la lumière sur les circonstances du drame. © D.R.

 

Un nourrisson de neuf mois a perdu la vie, le 27 août 2026, alors que sa mère tentait de l’évacuer en urgence vers l’hôpital Egypto-Gabonais. Le véhicule aurait été immobilisé à un poste de contrôle à Nyali, dans le cinquième arrondissement de Libreville, pour un problème de documents. Une situation qui aurait fait perdre un temps précieux à la mère et suscité une vive colère au sein de la population, qui réclame désormais toute la lumière sur les circonstances du drame.

Les habitants de Nyali, en colère, réclament toute la lumière sur les circonstances du drame. © D.R.

 

Il était environ 16 heures lorsque le drame s’est produit à Nyali. À bord d’un taxi, une mère tentait de conduire son bébé, alors en détresse, vers l’hôpital Egypto-Gabonais. Mais son trajet aurait été interrompu par un contrôle de police. Les agents lui auraient reproché de ne pas disposer de documents à jour. Malgré l’urgence médicale invoquée, le véhicule aurait été maintenu sur place, selon plusieurs témoignages recueillis après les faits.

La situation aurait davantage dégénéré autour d’une demande d’argent. Les policiers auraient réclamé la somme de 15 000 francs CFA à la mère. Celle-ci, qui expliquait ne plus disposer de suffisamment d’argent et aurait remis 10 000 francs, aurait néanmoins vu les agents maintenir leur position. Pendant ce temps, l’état de santé du nourrisson continuait de se dégrader. L’enfant finira par rendre l’âme avant son arrivée à l’hôpital, selon les témoignages rapportés sur place.

Le drame a rapidement provoqué la colère des populations de Nyali. Au-delà de la douleur suscitée par la disparition du nourrisson, les riverains s’interrogent sur l’attitude des agents présents au moment des faits et sur leur capacité à faire preuve de discernement face à une urgence médicale. «C’est du banditisme parce que la plupart de nos policiers sont d’anciens bandits, donc ils ne font pas leur travail à cœur. Ils font ça toujours avec des habitudes de bandits. Le fait qu’ils soient devenus des policiers, ça ne change en rien ce qu’ils ont été. La femme dit qu’elle n’a plus d’argent, mais ils ont insisté et l’enfant est parti», a déploré un riverain.

Revoir les conditions de recrutement et de formation des forces de sécurité

Face à l’émotion et à la colère, plusieurs voix appellent également à revoir les conditions de recrutement et de formation des forces de sécurité. «Il faut une enquête de moralité avant qu’un agent de police puisse être recruté. Il y a eu un meurtre par bavure policière», a estimé un témoin. Des manifestations ont éclaté dans le secteur, traduisant l’exaspération d’une population qui réclame une réponse claire des autorités.

Une enquête apparaît désormais indispensable pour établir avec précision le déroulement des faits, déterminer les responsabilités et vérifier les accusations portées contre les agents mis en cause. Selon les dernières informations disponibles, le policier présenté comme étant impliqué dans le décès du nourrisson a été placé en garde à vue pour nécessité d’enquête. Une mesure qui devrait permettre aux enquêteurs de faire la lumière sur cette affaire et, le cas échéant, de déterminer les éventuelles sanctions à prendre.

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